Au quotidien

Ecriture automatique.

Ces dernières semaines, l’accès à mes rêves est limpide. Au réveil, je me souviens toujours des deux-trois derniers. C’est fascinant. Cette nuit, j’ai rêvé que ma soeur se mariait avec un jeune inconnu de 18 ans. J’étais contrariée de n’avoir pas reçu de faire part, je n’étais pas certaine d’avoir ma place à cette cérémonie et de fait, n’ayant été mise au courant que le Jour-J, je n’étais pas habillée pour l’occasion. Ce jeune homme me semblait trop désinvolte. Ses projets d’avenir inexistants, je n’étais pas sereine quant à leur union. Mon instinct me criait de prendre garde.

Depuis mon ovulation, je ne passe pas une journée sans ressentir des douleurs sourdes, continues, diffuses, au niveau de mes deux ovaires. Mon cycle a continué sa course, je suis donc certaine qu’il ne s’agit pas d’une grossesse en préparation. J’ai remarqué que cela m’arrive quand je mange particulièrement mal. En ce moment, ce sont les vacances. Mon amoureux met un point d’honneur à se régaler. On dilapide donc notre budget vacances en nourriture à emporter et autres restaurants. Je pense que ça n’est pas seulement là que le bât blesse. Nous avons craqué pour des goûters à base de smarties, et de mars. Je vais le payer cher.

J’ai passé ma première semaine de vacances à me sentir pressée. Pressée de profiter. Pressée de mettre à exécution tous les projets que je maintiens sur le feu. Les jours passaient, je ne me voyais toujours pas commencer, et cela m’angoissait un peu. Si je n’ai pas le temps de faire cela en congés, quand aurais-je le temps ? J’avais la tête remplie de mille choses et de cette liste de « hobbies » à concrétiser.

Je n’ai pas ce genre de problèmes, habituellement. Je vis tranquillement les moments qui se présentent à moi. Je ne sais pas pourquoi je me suis mis autant de pression au sujet de ces vacances et des activités sensées les occuper afin de me DECONTRACTER. Je me sentais oppressée. Cette pression ne venait que de moi. Elle ne vient que de moi.

Je me demande si ça n’est pas l’effet Instagram. Depuis que je découvre cette plateforme, je me sens réellement moins tranquille. C’est fou. Je me sens obligée de lire tous les posts à rallonge, qui se veulent profonds et intéressants. J’ai beau limiter au maximum mes abonnements, il y a trop de contenu. Pourquoi créer AUTANT de contenu ? Je me mets à lire vite, parce que je sens que le temps m’est compté et que j’en passe beaucoup trop sur cette plateforme. Cela engendre du stress chez moi, et de la frustration : je lis tout en diagonale, vite, je n’enregistre rien, ne prends pas le temps de comprendre.

Cette mauvaise habitude s’installe ailleurs. Dans toutes mes lectures web. Quand j’ouvre mon Feedly, que tous les articles m’intéressent, je me dis que je n’ai pas assez de temps. Alors j’avale au plus que je peux mais … Cette situation cloche. Il faut que j’accepte de passer à côté de certains contenus intéressants. Il faut que j’accepte de choisir de lire et de ne pas lire certains contenus. Pas de remettre à plus tard ma lecture (cela ne fait qu’engendrer plus de stress), mais bien de ne pas lire.

J’ai trop de centres d’intérêts différents, je le vois bien. Ca m’handicape car je n’arrive pas à tous les concilier et à prendre la décision d’en remettre certains à plus tard. J’ai l’impression de m’amputer.

Cette nouvelle habitude et mise en balance par son inverse. Je me suis mise à la lecture de magazines et autres textes sur papier (hors romans que j’ai toujours lus). Les magazines d’art, c’est un vrai plaisir. Je passe du temps dessus, je suis dans la contemplation, dans la réflexion, je prends le temps. Vraiment, c’est délicieux.

Le problème vient donc d’internet, et de l’écran. Si les articles sortaient sur papier, je n’aurais pas cette sensation vertigineuse de perdre du contenu, de devoir avaler VITE. Le format papier reste. Je peux le lire dans 10 ans, ce n’est pas grave. Il se rappelle à moi par sa matérialité. Je ne peux pas l’oublier. Il est physiquement là, et le restera. Je peux donc décider d’en repousser la lecture, il ne disparaîtra pas. Cette matière dans le savoir a quelque chose d’infiniment rassurant. D’infiniment reposant.

Avec ce temps fabuleux, ces deux dernières semaines, j’ai un visage aussi halé qu’en plein été. J’ai passé tout le temps que je pouvais à l’extérieur. Pour lire, pour me prélasser, pour me nourrir. Mais aussi beaucoup pour jardiner. Nous étions censés nous reposer ces vacances-ci, mais l’appel jardinier était irrésistible. A coup de deux heures par jour, nous avons métamorphosé notre extérieur, c’est incroyable. On y a pris tellement de plaisir. Mes mains sont sèches et calleuses, mon ongles sont cassés et encrassés. Je suis infiniment satisfaite.

La deuxième semaine (qui n’est pas encore terminée), j’ai réussi à me départir de cette sensation d’empressement. J’ai lâché du lest. Il faut dire que la question de Sophie Pourny m’a percutée (sous ma dernière publication Instagram, justement !). Tu as l’art ! Pas coach pour rien, madame ! Je devrais te payer pour ce désamorçage, il était nécessaire. J’ai mis le doigt sur plusieurs éléments : mon besoin impérieux d’écrire. De m’écrire. Je l’ai moins fait avec ce nouvel espace, mal m’en a pris. Je ne dois pas négliger ce besoin. Le second élément, c’est mon besoin de solitude.

Etre en vacances, cela signifie ne jamais être seule. J’ai beau être accompagnée de la meilleure personne au monde, je me sens diminuée sans journées de solitude complète dans ma semaine. Ca me manque sincèrement. Le télétravail m’apporte cela, je ne me suis jamais sentie aussi à l’équilibre depuis que je suis ce rythme. Le perdre, même l’espace de deux semaines pour des vacances que j’attendais avec impatience, cela me coûte.

J’ai besoin d’être seule pour lâcher. Non pas que je ne l’ose pas devant mon amoureux. Mais son énergie et son impact empêchent toute introspection sérieuse et profonde. Hors, en ce moment, j’ai besoin de ça. De plages seulement dédiées à ça. Etre dans une autre pièce ne suffit pas, je n’en suis pas capable autrement que par la solitude. Dans ces moments-là, je sais que je ne serai interrompue par rien, qu’aucun son n’éloignera mon attention, que je pourrais me connecter vraiment à ce qui m’appelle.

C’est indéniable que quelque chose m’appelle. A partir de demain 17h30, je suis seule pour 48h. Au départ, j’avais planifié de rendre visite/rencontrer des gens. J’ai tout annulé. Ce week-end, je suis en tête à tête avec moi-même. J’attends cela. Je ne me sens pas coupable de penser que je serai soulagée quand mon amoureux partira rejoindre ses amis. Je sais que ce n’est pas de lui dont il s’agit (il ne m’agace pas, cela ne vient pas de lui) mais de moi. De mes besoins, que j’ai appris à accepter et respecter. Demain, je pourrais donc entamer 48h d’introspection. Ouf.

Le hasard fait encore une fois bien les choses. Car ce week-end – et ces vacances – va se terminer avec ma première participation à un cercle de femmes. Je suis autant excitée que terrifiée par cette idée. Passer trois heures avec des inconnues (voire pire, avec des personnes que je connais vaguement, qui font partie de mon quotidien : la caissière, une collègue …) dans l’intimité la plus totale. Honnêtement, je ne sais pas ce que je vais dire. D’ailleurs, je n’ai rien envie, ni besoin de dire. Pourtant je meurs d’envie d’y aller. De rencontrer la Femme-Médecine qui l’initie et qui nous partagera son savoir sur les 13 mères originelles. J’ai d’ors et déjà décidé que j’irais tous les mois jusqu’à la fin de l’année. Ainsi que les deux premiers mois de l’année prochaine, pour terminer le cycle (j’ai loupé janvier et février 2019).

Les 13 mères originelles. J’ai acheté le livre au tout début de l’année. Il m’a irrésistiblement appelée, mais je n’ai pas commencé ma lecture. Drôle de coïncidence, encore une fois, que le seul cercle de femme de la région (et qui plus est le premier, mis en place cette année) se base dessus. Je verrais bien.

13 commentaires

  • Marianne

    Ton ressenti sur les réseaux sociaux et cette course à la lecture me parle tellement ! Je m’en suis grandement libérée quand j’ai quitté les réseaux sociaux, et depuis, je vis mes lectures numériques bien plus sereinement. Même si j’ai prix du retard sur mon flux feedly parce que ces dernières semaines ont été très chargées, voir tous ces articles qui attendent d’être lus (ou juste supprimés du flux, parfois) me semble bien moins anxiogène que quand je voyais les publications se suivre sur FB à ce rythme effréné, parce ça reste là, en attente. La preuve, je ne viens lire cet article que trois semaines après sa publication. Je suis contente de l’avoir lu et d’en avoir pris le temps, même si c’est « en retard ». Si j’avais compté sur FB, je sais que je ne l’aurais jamais lu. Je l’aurais juste oublié. Et c’était toutes ces choses que je manquais (peut-être, ou pas…) qui me dérangeait le plus. Là, je sais ce qui m’attend. Ou ce que je manque par choix de le manquer.
    Ce cercle de femmes m’intrigue. Je sais que l’article que tu as rédigé attend sagement, dans mon feedly, que je le lise ^^ J’ai hâte de venir le lire.
    Et je comprends tellement, également, ce besoin de solitude ! 48h pour toi toute seule, c’est un plaisir que je n’ai pas eu depuis longtemps. J’ai beau aimer la compagnie de mes proches, j’apprécie également leur absence, parfois, et me retrouver seule avec moi-même.

  • MarieDesAlpes

    Merci pour ce partage Rosa ! Quand je lis ce que tu dis concernant les réseaux sociaux, je suis contente de ne jamais avoir mis mon nez là-dedans… eh oui, ça existe encore, et je ne suis pas (encore) un dinosaure :o)). Du coup, je vois que j’échappe à une espèce de dictature d’après ce que tu racontes et qui se confirme dans les commentaires. Et en plus, je vis très bien sans, je ne me sens pas du tout décalée, probablement parce que je ne connais pas (ou parce que c’est juste quelque chose d’inutile ?). Ca me sembler provoquer une espèce de fébrilité dont j’ai du mal à percevoir le positif.

    • Rosa Vivante

      Quand je te lis, j’ai juste envie de crier : Tu as tellement de chance !!! D’en être préservée. Une chance inouïe.

      Il y a du positif quand c’est dans la mesure. Le hic, selon mon expérience, c’est qu’il est devenu impossible de rester dans la mesure. Tout nous y pousse, et au bout d’un moment, je cède à l’appel des sirènes … Triste constat.

  • Enirtourenef

    En ce moment, je fuis mes colocataires. Non pas que je ne les aime pas (enfin, j’en apprécie deux sur trois) mais j’ai besoin de ne voir personne, de ne parler à personne. Pour que ça marche vraiment, il faudrait que je m’accorde aussi plus de moments de silences… quand je ne regarde pas des vidéos j’ai tendance à allumer tout de suite la radio ou mettre de la musique… pourtant on entend bien ses pensées que lorsque l’on est dans le silence… la solitude c’est nécessaire à tout le monde, mais pas à la même dose. Et c’est vrai que, être enfermée dans une pièce, ce n’est pas être seule quand on sait que d’autres personnes sont dans d’autres pièces…

    • Rosa Vivante

      Non, ce n’est pas pareil. Je me souviens d’ailleurs que quand j’étais en coloc’ (avec une excellente amie), j’avais souvent un grand besoin de solitude. J’allais mal, et c’était d’autant plus frustrant de ne jamais être seule, complètement seule. Pas juste seule dans une pièce. Mais à l’époque, je ne savais pas d’où venait ce sentiment. Je ne pouvais donc pas lui demander de partir un moment (et je crois que je n’aurais jamais eu le cran de le faire, elle était chez elle !). Je me sentais juste pas bien.

      Le silence est vraiment un indispensable dans ma vie. D’ailleurs, quand je n’en ai pas assez, je n’allume pas la radio dans la voiture lors de mes longs trajets. C’est un moment que je peux prendre entièrement pour m’écouter penser.
      Essaie, tu verras. C’est déroutant au début mais vraiment … Indispensable.

  • Alice & Shiva

    Hello Rosa,
    D’abord j’aime beaucoup ta plume, c’est très agréable à lire, tu nous emmènes vraiment dans ton univers. Merci de nous livrer ton intériorité.
    Pendant très longtemps j’ai ressenti ce que tu décris : un certain empressement, une envie de faire des choses que je n’ai pas le temps de faire habituellement, l’impression que le temps s’écoule et que je ne parviens pas à me ressourcer, que tout s’échappe, le besoin d’être seule… C’est en changeant mon mode et rythme de vie que je suis parvenue à me défaire de ces impressions. Même si parfois elles reviennent. Nous faisons trop souvent la course au temps, à la productivité (à ce que nous considérons comme étant productif).
    J’espère que tu pourras profiter de ton temps seule pour te ressourcer. La déconnexion fait énormément de bien, comme tu l’as pointé du doigt…
    Et j’aimerais bien que tu fasses un petit retour du cercle de femmes, si le coeur t’en dit bien sûr !
    Bises et à très vite,
    Laurine

    • Rosa Vivante

      Finalement, je vais donc t’appeler Laurine :). Merci pour le partage de ton prénom en toute authenticité, ça me touche beaucoup.

      Je suis aussi dans cette mouvance de changer mon mode de vie. Il n’a plus grand-chose à voir avec la façon dont je vivais il y a 3 ans en arrière. C’est dingue. Mais j’ai encore du chemin à faire, j’en aurais toujours. C’est ça qui est merveilleux, il ne faut pas être pressé, le vivre à son rythme.

      C’est rare que je ressente cet empressement. Mais ces dernières lunes sont d’une telle puissance que je ressens tout un tas de choses qui ne fait pas partie de mes habitudes. Ca te le fait, toi aussi ?

      Je vais faire un retour oui. Ca a été une expérience … Décoiffante. Il y a de quoi dire. Je te recommande grandement si tu sens que c’est pour toi.

      Je t’embrasse !

  • sophie

    Oooohhh… je suis heureuse d’avoir pu t’aider. j’écris les questions que m’inspirent les textes que je lis. je pense que ça ne vient pas toujours de moi. ( je peux l’écrire ici, c’est sécurisé 🙂 ) je flirte de plus en plus avec la spiritualité, l’intuition, je laisse les questions venir quand elles arrivent dans ma tête.
    je n’ose pas trop l’affirmer, le poids de l’entourage rationnel, sans doute. et pourtant je ne lâcherai pas le rationnel. je voudrais allier les 2. ça pourrait être puissant, les pieds ancrés dans le sol, la tête dans les étoiles… mais c’est aussi de par ma formation que je sais ce qui peut aider, les questions qui aident.
    tu as beaucoup d’intuition, et si elle te dit d’aller à ce cercle de femmes, tu y trouveras ce dont tu as besoin. peut être aussi que tu seras là pour aider quelqu’un d’autre, qui sait. moi aussi j’ai du mal avec ce tourbillon de réseaux sociaux. je m’y perds, je m’y noies, et en même temps, j’y ai rencontré de belles personnes ! c’est malgré tout enrichissant, c’est pour ça que je ne m’en coupe pas. rester raisonnable, savoir dire stop, autodiscipline, voilà le maître mot. je n’y suis pas encore parvenue. c’est comme pour tout, il faut apprendre à doser.

    • Rosa Vivante

      Tu peux l’écrire oui, d’autant que tu n’es pas la seule à le penser ! Si tu savais ce que j’en pense, depuis que j’ai lu « Conversations avec Dieu » … Ca travaille, ça travaille.

      C’est ce qu’il faut en fait : les pieds ancrés et la tête en haut. L’un ne va pas sans l’autre, c’est la règle. Et c’est puissant, c’est clair !

      Le cercle de femmes … Il m’a traumatisée, Sophie ! Dans le bon sens j’entends mais … Pfiou. Je trépigne d’y retourner. Et en même temps, un mois ne sera pas de trop pour décanter et assimiler. J’ai effectivement servi à quelqu’un. A plusieurs même. Et on m’a servi en retour. C’était tellement incroyable ! Mille synchronicités en 3 heures. J’étais complètement déboussolée. J’ai l’habitude pourtant mais là, c’est comme si j’avais été propulsée dans un le ciel d’un coup, violemment. 0_0

      Comme je disais à Marie, pour les réseaux sociaux, je commence à croire que la juste mesure n’existe pas … !

  • Marie Kléber

    Je comprends parfaitement chacune de tes interrogations et tes besoins.

    La solitude déjà, si précieuse, ce temps pour soi avec soi. Profite pleinement Rosa!

    Internet, Instagram, je me retrouve dans cette course, c’est elle qui me fait perdre la notion du temps. Du coup, je ferme, j’arrête, je stoppe le bruit. J’ai parfois même envie de tout quitter. Parce qu’il y en a trop. Et que je lis en diagonale, que je ne retiens rien.

    Au début des vacances, moi aussi j’ai envie de plein de choses et puis ça passe, vite et je me mets la pression pour faire le maximum. Au milieu, je stresserais même de n’avoir rien achevé. Alors je souffle, médite, me rappelle que c’est juste la vie qui continue et qu’il n’y à rien à faire de particulier sauf à vivre ce qui se présente.

    Déconstruction
    Reconstruction

    Un cercle de femmes pour clôturer ces vacances, c’est un beau signe!

    Je t’embrasse Rosa et merci pour le partage de ces réflexions – enrichissantes

    • Rosa Vivante

      Ma solitude a été bénéfique, évidemment, et déroutante aussi. Cette fois était toute particulière. Un peu éprouvante, même.

      Je ne sais pas comment faire avec internet, Marie. Tout couper ou pas ? J’ai l’impression que le juste milieu n’existe pas, qu’il est impossible à atteindre dans cette sphère-là. J’oscille sans arrêt.
      Ces derniers temps, je m’écoute. J’ai envie de tout sauf de passer du temps sur internet, alors je fais autre chose. Je change pour le mieux, j’ai l’impression. Ca bouge !

      « Déconstruction
      Reconstruction » => c’est ça.

      Le cercle de femmes m’a sacrément remuée !

      Je t’embrasse également. J’espère que tu passes de belles journées.

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