Psychogénéalogie

Les loyautés invisibles : les bases de la psychogénéalogie

Avant de lire ce contenu, je vous conseille de lire l'article l'introduction à la psychogénéalogie et au transgénérationnel.

Pour bien comprendre ce qu’est la psychogénéalogie, il faut voir ce qu’elle a de différent avec une psychothérapie ou psychanalyse « classique ». En effet, une psychothérapie classique verra le patient en tant que personne indépendante, bien que liée aux systèmes sociaux dont elle fait partie. On ira chercher dans son passé, dans sa façon personnelle de penser et d’envisager le monde, dans ses expériences, ses ressentis. Ce qui est juste.

La psychogénéalogie, quant à elle, ne traite pas un patient, mais une famille. Tous ses membres vivants ou morts avec leurs expériences fondatrices, en interaction entre eux, dans le passé et dans le présent. C’est la famille dans son ensemble qu’on tente de comprendre, pour l’aider à surmonter ses difficultés.
La personne qui consulte est l’un des représentants de la famille, la difficulté pour laquelle il consulte un symptôme : comme un bouton apparaissant sur un visage qui semble harmonieux.

Or, pour réussir à faire disparaître ce bouton et éviter que n’en apparaissent d’autres, il faut étudier le fonctionnement de la famille. Chacune est différente, aucune n’a de mode d’emploi conscient.

La psychothérapie « classique » fonctionne très bien. Le patient guérit. Mais il arrive régulièrement qu’une fois guéri, un autre membre de sa famille tombe malade … Et oui, le symptôme non traité s’est déplacé pour réapparaître sous une forme ou une autre.

Justice et équité au sein de la famille : comment le nid s’est construit ?

La famille, c’est un système social classique, composé d’individus qui, pour vivre ensemble, sont dotés de valeurs communes qu’ils respectent. Les membres ont des rôles, des obligations, des règles à respecter. Et, comme au sein de toutes les sociétés (en tous cas, toutes celles que je connais !), une forme de justice est appliquée pour maintenir l’équilibre et la pérennité de la structure familiale.

Cette justice, et cette équité qui en découle, n’est pas la même pour toutes les familles. Elle dépend du contexte historique qu’ont traversé les différentes générations, de la culture sociale du pays où s’établit la famille, et surtout : elle est déterminée par l’histoire (les expériences) du groupe. Si bien qu’au sein de la famille, personne ne remet ce sens de la justice en question, tout le monde dit que « ça va de soi ».

C’est déterminant : nous nous construisons avec/grâce à/à travers notre famille. Elle est notre nid, nous faisons partie de son clan. C’est en son sein qu’on construit notre identité, qui nous sommes, quelles sont nos croyances, notre sens des valeurs. Tout cela a beau être « modifiable » plus tard grâce à un gros travail personnel, ça n’en reste pas moins la terre qui nous a nourri.

Exemple personnel :

Dans ma famille, le travail de la terre, la ferme, est une valeur fondamentale. De fait, il y a toujours un homme dans une génération qui travaille la terre. C’est un rôle. Mon père est ouvrier agricole, et il a repris la ferme que tenaient ses grands-parents, bien qu’il ne supporte ni l’un, ni l’autre. Il se rend malheureux dans son travail et dans sa maison par loyauté.

Tous les autres membres de la famille respectent une autre chose : notre classe sociale. Toutes nos tentatives pour passer à la classe supérieure se soldent par des échecs. Moi même, alors que je suis une élève brillante, je me suis débrouillée pour louper mes études et ne jamais aller plus loin que le BAC. Je réussissais tout jusqu’au moment où il fallait passer les diplômes. Il n’y a que récemment que je l’ai réalisé, je pensais même être incapable de lire autre chose que des romans car « personne ne lit dans la famille, pourquoi serais-je plus intelligente ? ». Je me retenais de tout un tas de choses par loyauté à notre classe sociale. Finalement, j’ai quand-même réussi à atteindre le niveau B+3 et à être l’une des première à exercer un super métier que j’ai choisi, mais je dis toujours que « ça va, c’était une formation accélérée et un coup de chance … » !

Le grand livre des comptes familial : donner et recevoir

Livre des comptes avec une calculatrice

Une fois ces bases établies, tout est une question d’équilibre. Peu importe ce qui se passe, le système familial fera toujours en sorte de maintenir l’équilibre pour ne pas mourir. Bien sur, tout cela est inconscient : les règles et le grand livre des comptes se transmettent comme ça, de génération en génération. C’est souvent la « chose » que l’on sent peser au dessus de soi, sans jamais parvenir à la saisir.

Il serait bon pourtant d’attraper le livre et de le lire une bonne fois pour toutes ! C’est ce que propose la psychogénéalogie : conscientiser le livre des comptes, et toutes les fois où l’équilibre a été mis en péril (ce qui a généré les fameux symptômes).

Cette comptabilité inconsciente se base sur un principe simple : donner et recevoir. C’est un cycle : ce que nos parents ont reçu de leurs parents, ils nous le donnent en retour, puis attendent de nous qu’on le donne à nos enfants. Et ainsi de suite. Ce cycle, cet équilibre entre ce qu’on reçoit et ce qu’on « rend » n’existe pas uniquement entre parent et enfant. Ca peut-être en frère et soeur, entre tante et neveu : les combinaisons sont multiples !

De cette façon, la famille détermine les contributions de chacun de ses membres et tient ainsi la comptabilité des mérites et des dettes de chacun.

Exemple personnel :

Mon père m’a toujours tout donné, et attend de moi en retour que je donne tout à mes enfants, et que je lui donne des petits-enfants. C’est l’une des contributions qui m’est demandée dans ma branche paternelle. En effet, mon modèle familial paternel exige trois enfants (deux filles, un garçon), et prône le sacrifice des parents pour les enfants.

Je choisis de ne pas faire d’enfant, et pour fuir ce rôle, je me dégage de mon père et de sa famille en partant vivre loin. Je suis pétrifiée par une culpabilité que j’ai du mal à supporter, que je ressens comme « existentielle et indéfinissable ». C’est la sensation propre d’une dette. C’est comme ça qu’on la reconnait. Il est possible que je me sente soulagée quand ma soeur aura des enfants (si elle en a), ou que je me dégage de cette dette et rétablisse l’équilibre en me sentant contrainte de prendre mes parents chez moi pour leurs vieux jours, par exemple. Bien entendu, je ferai cela inconsciemment, si je n’étais pas entrain de travailler sur le sujet.

Les dettes invisibles et dates anniversaire

L'endettement familial : femme avec les mains devant le visage

Mais tout n’est pas si simple ! Ce système de « donner et recevoir » est complexe, car il n’est pas direct. On ne rend pas directement à la personne qui nous a donné. On ne parle pas ici d’argent (en tout cas, pas seulement !). On rend aux descendants de celui qui nous a donné, ou alors nos descendants rendent à ses descendants. La boucle continue sa course d’un rang à l’autre dans le temps : c’est transgénérationnel.

Que se passe-t-il, alors, quand un don n’est pas rendu ? Quand une valeur n’est pas respectée ? Quand une obligation n’est pas tenue, un rôle abandonné ? Que se passe-t-il quand, au regard de l’équité familiale, survient l’injustice ?
*Il est important de souligner que la justice familiale est forcément subjective, donc d’autant plus difficile à saisir, surtout des générations après !*

C’est là qu’apparaissent les dettes invisibles. Les fardeaux qu’on sent peser sur nos épaules alors qu’on ne connait pas l’histoire, qu’on n’était même pas né. Elles prennent part dans nos réalités sous des formes multiples : dépressions, maladies mentales, accidents, morts soudaines, cancers, stérilité … Souvent, ce sont des actes manqués, ou des manifestions psychosomatiques : quand le corps extériorise ce que notre inconscient porte.

Exemple :

Un homme a été pendu pour mutinerie en 1917 alors qu’il avait 47 ans. L’un de ses fils meurt en tombant du toit, le cou brisé, à 47 ans. L’un de ses petits-enfants subit le coup du lapin lors d’un accident de voiture à 47 ans. C’est ce qu’on appelle une date anniversaire. Elle se manifeste par l’âge des protagonistes, ou par des dates bien précises qui reviennent : morts ou naissances le même jour de l’année, mariages le même mois à chaque fois, dépressions au même âge, fausses-couches à chaque 3e enfant …

Dans notre exemple, d’autres membres de la famille souffrent au niveau du cou sans comprendre pourquoi : tous les médecins disent « qu’il n’y a rien ! ». Le corps prend la parole, la dette continue de se manifester dans l’arbre jusqu’à ce que quelqu’un la « répare ».

Les règles familiales : quelles sont-elles ? Pourquoi les conscientiser ?

C’est pour cela qu’il est primordial de découvrir et de conscientiser les règles familiales. C’est en fonction du respect ou non de ces règles que s’établit la justice, que le grand livre des comptes fait les jeux. Or, ces règles ont été mises en vigueur il y a de cela des décennies. Elles sont pour la plupart inconscientes, et jamais remises en question tant elles sont imprégnées dans nos façons de vivre « instinctives ».

Elles sont notre héritage moral, elles sont les attentes externes qu’on sent tout contre soi, elles sont les obligations qu’on intériorise. Elles sont les bases de notre système familial, ce qui garantit son équilibre. Ce sont elles que les loyautés familiales invisibles nous forceront à suivre coûte que coûte.

Quelques règles personnelles issues des exemples cités plus haut :

  • Toujours faire partie de la classe ouvrière et de ses valeurs
  • Se sacrifier pour ses enfants
  • Faire 3 enfants : un garçon et deux filles
  • Rester en lien avec la terre, d’une façon ou d’une autre

Je ne sais pas d’où viennent ces règles, ni pourquoi elles sont si importantes : pour certaines, aucun de mes contemporains n’était présent lors de la genèse. Elles peuvent sembler ridicules, et quelque part elles le sont puisqu’aujourd’hui elles ne s’appuient plus sur rien ! Elles sont formées suite à des expériences importantes dans la vie de nos aïeux. Mais l’essentiel n’est pas là.

Maintenant que je les ai conscientisées, je vais pouvoir travailler dessus, m’en détacher, ne plus leur donner un impact négatif sur ma vie mais garder ce que je veux garder, devenir libre de mes choix. Et pourquoi pas créer, en conscience, de nouvelles règles ?

Les règles sont nombreuses, mais toutes ne poseront pas problème : certaines sont tout à fait bénéfiques et positives. De plus, nous sommes tous le fruit de deux familles (sauf s’il n’y a que des unions entre cousins dans notre arbre), avec des règles qui diffèrent. Ce tiraillement est parfois douloureux : à quelle injonction obéir ? Mais c’est intéressant de remarquer à quel point, parfois, la belle-famille ressemble à la famille, ou est « choisie » pour combler quelque chose …

Nous verrons la prochaine fois comment prendre conscience de ces règles, comment repérer les dettes et loyautés au travers d’une fabuleux outil, qu’on peut mettre en place soi-même : le génosociogramme. Le mot est effrayant, je sais, mais pas de panique, c’est simple !

Les règles et valeurs qui nous lient : deux personnes qui se tiennent les mains

Voilà le premier article sur grands concepts de base de la psychogénéalogie. D’autres suivront, avec des mises en pratique. Et vous, quelles sont vos dettes, vos règles, votre justice familiale ? Les sentez-vous avoir un impact sur vous ? Y a-t-il des symptômes dans votre famille ?

Rosa

14 commentaires

  • Marianne

    Toujours aussi passionnant !
    C’est assez déstabilisant, j’ai eu beau y réfléchir au cours de ma lecture, je ne parviens pas à déterminer de règle particulière au sein de ma famille. Peut-être n’ai-je pas assez d’éléments sur les générations plus anciennes ? Ou peut-être est-ce très subtil… Il y a évidemment des schémas qui ont tendance à se reproduire, de type, comme toi, cette proximité avec la terre, mais qui est en grande partie liée, chez nous, à l’endroit, à la région, ou alors des modes d’éducation un peu… rustiques ^^, mais de là à parler de dettes inconscientes, je ne pense pas que ce soit tout à fait le cas. J’ai des douleurs permanentes aux cervicales depuis deux ans, peut-être faudrait-il que je me renseigne sur d’éventuels ancêtres pendus ou guillotinés ! 😀
    J’ai hâte de lire ton article sur le génosociogramme en tout cas, pour y voir plus clair ! 🙂

    • Rosa Vivante

      Parfois c’est très subtil, d’autres fois, non. Il est possible aussi que tu ne t’en rendes pas compte parce que justement, ces règles sont pour toi le B-A-BA, instinctif, logique. On remet rarement en question ce genre de choses. En tout cas, c’est intéressant à creuser !

      En fait, ces loyautés sont aussi très liées à la terre sur laquelle on vit. L’aspect historique et sociologique a une grande part dans cette histoire. C’est logique, on est forcément influencé par ce qui se passe autour de nous, chez ceux qui nous entourent.

      Hahaha, je ne sais pas si je dois espérer pour toi que ces douleurs viennent de là ! D’un côté, si c’est le cas, tu seras libérée, et d’un autre, tu apprendras que certains de tes ancêtres ont vécu une mort atroce … ^^.

      J’espère que mon article sur le génosociogramme sera clair, que chacun pourra se servir de l’outil à sa guise !

  • Irène

    Merci pour cet article qui m’a appris pas mal de choses. J’avoue que j’étais un peu méfiante vis à vis de la psychogénéalogie parce que je l’ai souvent vue identifier à des approches ésotériques qui me parlent peu (les « mémoires » inconscientes, voire vies antérieures, ce genre de choses). Finalement ça me parait plus nuancé que ce que j’avais pensé donc j’ai bien fait de profiter de cette lecture 🙂
    Je suis sociologue, donc ça peut expliquer aussi pourquoi je bloque parfois sur les approches exclusivement psychologique, mais bien souvent en réalité il n’y a pas de contradiction, c’est juste que l’analyse se fait à des niveaux différents.

    Par exemple concernant l’héritage ouvrier et les inerties, tu écris « Je ne sais pas d’où viennent ces règles, ni pourquoi elles sont si importantes : pour certaines, aucun de mes contemporains n’était présent lors de la genèse. Elles peuvent sembler ridicules, et quelque part elles le sont puisqu’aujourd’hui elles ne s’appuient plus sur rien ! »

    Moi ce qui m’apparaît c’est aussi qu’elles ne sont pas entièrement choisies, ce sont des héritages qui pèsent effectivement mais ça a une dimension sociale importante, ce n’est pas seulement inscrit dans la psychologie d’une famille en particulier : on va retrouver des choses assez similaires chez d’autres familles issues de la classe ouvrière par exemple. Donc ça n’a définitivement rien de ridicule, et c’est vrai que ça peut conditionner le rapport à beaucoup de choses dans la vie. Je retrouve aussi des choses que je vois en cours avec les étudiants en 1ère année de sociologie, qui apprennent à porter un regard sociologique sur leur propre parcours et leur famille (parfois c’est douloureux mais souvent ça apporte du sens), à l’analyser de manière plus extérieure, et replacer leur trajectoire dans celle d’une société en gros

    • Rosa Vivante

      Je comprends, Irène !

      Il se trouve que ça peut être associé à tout ça, oui. Je dirai que clairement, ça dépend de tes croyances personnelles. Dans ce monde, de nombreux « thérapeutes » associent mille pratiques différentes. Parfois à raison, parfois à tort. Il y en a pour tous les goûts. Il faut prendre ce qui fait sens pour soi et laisser le reste de côté.

      Je ne connais rien à la sociologie, mais dans mes lectures sur la psychogénéalogie, elle a aussi la part belle. En effet, la psychogénéalogie s’appuie sur la sociologie et sur l’histoire. Car comme tu l’expliques, ça impacte les familles et donc, de nombreuses familles seront établies sur les mêmes règles, la même justice, les mêmes loyautés.

      Celles de ma famille sont assez classiques d’ailleurs, quand on considère la classe sociale et le lieu de France où elle prend racine. Je trouve ça passionnant ! Comme je le disais à quelqu’un d’autre, ce travail me permet aussi de redécouvrir l’histoire de mon pays et de ma région, et de carrément découvrir la discipline qu’est la sociologie. Tout est lié !
      Tu as raison, ce sont des lectures complémentaires, mais qui peuvent s’apporter beaucoup.

      Ce que tu dis sur les étudiants de 1e année est vraiment intéressant. Ca ne doit pas être évident de regarder d’où l’on vient sous ce prisme, et en même temps, ça doit être libérateur. Ton métier a l’air passionnant, quoi qu’il en soit. Ca attise grandement ma curiosité !

  • Ornella

    Moi, je ne sais pas vraiment si des loyautés me concernent au sein de ma famille. Je suis la seule de ma fratrie à avoir pu faire ce que je voulais. J’ai fait en sorte de m’éloigner de ce qu’on attend de moi (au vu de mes résultats scolaires ; on m’aurait bien casée à Sciences Po) mais j’ai toujours eu un désir profond de poursuivre une carrière artistique et je l’ai fait. En revanche, je crains fortement de me retrouver dans la situation de devoir avorter comme ma mère l’a fait avoir de nous avoir, ses 3 enfants. Je sais la souffrance, et la plaie ouverte que ça a laissé chez elle. 🙂

    • Rosa Vivante

      Comme je le disais à quelqu’un d’autre, tout ne s’explique pas par les loyautés. A toi de voir si c’est quelque chose qu’il t’intéresse de creuser ou non !

      Selon la psychogénéalogie, vous êtes donc 4 enfants, et non pas 3. La discipline laisse clairement sa place aux enfants avortés, issus de fausse-couche, morts-nés et morts jeunes. C’est d’ailleurs très important de leur rendre leur place, ça nous permet de savoir qu’elle est vraiment la notre.

      C’est déjà génial que vous le sachiez et que cet avortement ne soit pas un secret. Pourquoi crains-tu de le vivre également ? C’est intéressant de creuser sur ce que tu ressens là-dessus !

  • Elisa

    Ma grande question existentielle du moment très en lien avec ton article, c’est comment se détacher de tout cet héritage sans se brouiller avec toute la famille car personnellement, je suis ouverte d’esprit, je me remets en question mais je fais, personnellement, partie d’un « clan » de gens assez bouché.

    • Rosa Vivante

      C’est une très bonne question, ça, Elisa !

      Selon la psychogénéalogie, on va axer le travail via un outil qui s’appelle le génosociogramme (dont je parlerais la prochaine fois). Il va nous aider à soulever toutes les pierres et ensuite, l’idée c’est de se libérer des schémas qui nous entravent via des rituels qui nous correspondent.
      Tu n’as pas forcément besoin d’en parler directement aux gens concernés. Ton rituel suffira pour ton inconscient qui actera la cessation du conflit. Et qui influencera par la suite l’inconscient des autres, parce qu’ils remarqueront que ton attitude a changé.

      Il y a une autre méthode qu’on appelle « constellation familiale », qui vise a recréer la famille avec des inconnus (lors d’un stage). Mais je n’ai pas encore bien étudié la question. Quoiqu’il en soit, la guérison se fait dans l’inconscient collectif.

  • Alice & Shiva

    C’est vraiment passionnant, merci pour se superbe article, ça donne envie de creuser la question. Une fois qu’on s’intéresse un peu à ces sujets, je crois qu’on n’en finit plus d’ouvrir des portes et d’apprendre à se connaître… Il faut cependant être prêt ! Hâte de lire tes prochains articles.

  • Gwen

    Tes recherches sont passionnantes!
    Dans ma famille, on retrouve certaines constantes: l’ainé est rejeté, le cadet est favorisé.
    L’ainé s’éloigne physiquement de ses parents mais conserve un lien conflictuel avec eux.
    Je me rend compte que mes actions ont été conditionnées par la volonté de faire l’inverse, parfois même à l’excès.
    Comme quoi d’une manière ou d’une autre, on est toujours influencés par son héritage familial.

    • Rosa Vivante

      Merci Gwen !

      Tout à fait, ce que tu décris est d’ailleurs un schéma très fréquent.

      Ca se remarque bien sur les familles expatriées, qui ont du migrer en France, par exemple. Les grands-parents arrivent en France et s’adaptent comme ils peuvent, essaient de ne pas perdre leur culture tout en s’intégrant à une nouvelle. Leurs enfants vont jouer à fond la carte de l’intégration, et mettre un point d’honneur à se sentir Français plutôt qu’Algérien (pour prendre cet exemple qui me vient parce que je connais des personnes concernées). Mais leurs enfants à eux vont faire l’inverse : ils vont vouloir revenir aux sources, ce qui passera par un rejet du pays d’accueil. Cela crée de gros conflits dans les générations ! Mais c’est humain.

      Moi aussi, pas mal de mes actions sont conditionnées à faire l’inverse, et en même temps à revenir aux sources. Un grand capharnaüm que j’essaie d’élucider !

  • Marie Kléber

    Passionnant. Tout simplement. Et on te sent passionnée aussi.
    Du coup c’est clair et limpide Rosa!
    Oui en effet notre vie et celle de notre famille sont intimement liées. Nous trainons avec nous certaines « obligations », des « blocages » sans toujours savoir d’où ils viennent. Tant qu’on ne répare pas la mémoire, le problème revient encore et encore.

    C’est étrange parce que moi justement, à un certain niveau, j’ai l’impression de réécrire, en parallèle, l’histoire de ma grand-mère. En mieux. Et avec une personnalité complètement différente. C’est quelque chose d’assez difficile à expliquer, d’autant plus que je m’éloigne d’elle au fur et à mesure de mes découvertes et de la guérison.

    • Rosa Vivante

      Merci Marie !

      Ce que tu dis est juste à propos de ce que tu as la sensation de vivre en parallèle de ta grand-mère. C’est la même chose pour moi sauf qu’il s’agit de mon arrière-arrière grand-mère, qui s’appelait … Rosa.
      J’aurais l’occasion d’en parler, mais des liens spéciaux se font comme ça, entre un aïeul et son descendant. On se sent connecté.e à une personne en particulier même si on ne l’a pas connue.

      C’est très intéressant, comment tu le décris.

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