Corps et esprit

Le « mal a dit », ou pourquoi le corps somatise

Je me souviens de mon tout premier moment de stress. J’avais environ 8 ans, ma mère me traînait de force à la chorale du village, pour la première fois. Devant la marche du parapet, dos à l’église, alors que la nuit prenait ses quartiers, je me préparais à devoir ouvrir la bouche – et chanter ! – devant une vingtaine d’adultes que je ne connaissais ni d’Eve, ni d’Adam.

Cette situation me causa un trouble inédit : j’avais mal au ventre et la gorge nouée. Terriblement mal au ventre. Auparavant, il m’était arrivé de connaître des situations inconfortables, mais je ne les avais jamais ressenties de cette façon : dans ma chair.

Cette première fois a laissé la place à des centaines d’autres, plus ou moins banales, plus ou moins compréhensibles. J’ai appris, à mes dépens, que si mon corps se portait à merveille lorsque mon âme papillonnait, ce lien ténu ne perdait pas de sa force lorsque qu’au contraire, je souffrais.

L’expression corporelle, notre vérité aux yeux du monde

Il n’est nul besoin de danser sur une scène ou de se montrer nue devant quelqu’un pour que notre corps communique avec les autres. Les personnes que nous sommes sont à la fois une âme, un esprit/mental, et un corps. Acceptons d’être les trois à la fois, simultanément. Acceptons que l’ordre que je viens préalablement de définir ne représente rien : ces trois parties de Soi auront toujours la même importance, même si nous nous obstinons à en négliger certaines.

Allons plus loin, et acceptons que ces trois parties ne font qu’un, qu’en cela elles communiquent, ressentent, vivent et expérimentent de concert. Alors il n’est plus surprenant que nos gestes et réactions physiques nous racontent. Voilà sur quoi s’appuient les célèbres mentalistes pour nous décrypter. Voilà pourquoi ils tombent juste, et voilà pourquoi encore, nos politiques suivent des formations pour se contrôler jusque dans les moindres détails.

Cette science des expressions corporelles, nous la connaissons tous. Nous n’avons besoin d’aucune formation pour comprendre qu’une personne est heureuse, furieuse, ou mal en point. Cela se voit, dans les micro-expressions du visage incontrôlables, dans la façon de se tenir, de marcher, de gesticuler, de respirer. Si nous ne captons pas ces informations consciemment, nous les comprenons au travers de « la première impression », ou de l’intuition.

Notre corps n’est pas le reflet de notre âme, il EST nous-même, au même titre qu’elle. S’il y a un message qu’il m’importe absolument de vous faire passer au travers de ces articles sur la relation corps-esprit, c’est celui-là. Notre corps est nous-même. Il enverra tous les signaux similaires à nos pensées et ressentis au monde. Il imprimera dans la chair tout ce que nous pensons être et vivre. Il est notre vérité, lisible par n’importe qui.

Il est important de noter que je ne parle pas ici de nos caractéristiques physiques (grand ou petit, fin ou large …), mais bien de notre gestuelle et de notre façon de nous servir de notre corps. On a le patrimoine génétique qu’on a. Avoir des os lourds ou légers, une grosse tête, un nez en trompette … Ca ne reflète pas ce qu’on est, ce qu’on pense, ni ce qu’on ressent.

Somatiser lorsqu’on n’arrive pas à mettre des mots sur les maux

Dans cet incroyable enchevêtrement de l’être, la somatisation intervient quand une douleur psychologique n’a pas été exprimée, ni même pensée comme étant existante. La blessure est là, quelque part, mais nous n’en avons pas pris conscience. Cette incapacité ou ce refus à conscientiser ne va pas régler le problème : nous avons emmagasiné l’expérience et ses impacts, mais nous ne les traitons pas par le biais habituel (donc, pas du tout !).

Heureusement, la nature est bien faite ! Hors de question de laisser passer cette erreur. La souffrance doit être traitée et exprimée, le corps se met donc à somatiser. C’est à dire qu’il va parler la souffrance psychologique à travers la matière. Les médecins diagnostiquent la somatisation lorsque la douleur physique n’a aucune origine médicale, organique, « mécanique ». Le corps utilise son propre langage, il prend la parole pour rétablir l’équilibre.

En général, la somatisation est temporaire, passagère. Je l’ai vécue de cette façon en décembre dernier. J’ai accueilli ma famille chez moi pour les fêtes de Noël. C’était la première fois, je me sentais investie d’une mission toute particulière, et lourde. J’ai souffert de violentes douleurs dans les deux genoux durant ces trois jours. Elles ont disparu au même moment que le dernier invité … J’en ai tiré les leçons que je devais en tirer !

Mais il arrive que la somatisation devienne chronique et constante. Il arrive qu’elle nous handicape quotidiennement. Cela peut être lourd de conséquences : c’est à présent traité comme une maladie psychologique à part entière, dans les cas les plus graves.

Pour ma part, j’ai été gênée dans mon quotidien pendant plus de deux ans. La douleur était localisée le long de ma colonne vertébrale et se généralisait jusqu’aux cervicales. Je me retrouvais incapable de marcher ou de tenir debout plus de 15 minutes. J’ai subi des radios, je n’avais rien. J’ai sagement pris les décontractants musculaires prescrits par mon médecin généraliste, ça n’a rien fait. Les rendez-vous mensuels chez mon ostéopathe se soldaient par des séances offertes, tellement elle était décontenancée de me voir revenir à chaque fois. Six mois de rééducation en kinésithérapie n’ont rien donné non plus.

J’en ai vu le bout le jour où j’ai déménagé. En quittant la ville dans laquelle vivait l’homme m’ayant violentée par le passé, j’ai réappris à avancer.

Les points de reliance du corps

Certaines médecines l’ont parfaitement intégré. Il est aisé de retrouver sur internet les symboliques psychologiques de nos douleurs physiques. Elles ne sont cependant pas immuables (je dirai même peu fiables !). L’anxiété, le stress, le traumatisme ne seront pas somatisés par tout le monde de la même façon. Chez moi, par exemple, la somatisation s’exprimer à travers des douleurs de type « mécaniques ». Chez d’autres personnes, ce sera par le biais de maladies sans cesse contractées (angines à répétition), par des problèmes de peau, par l’arrivée de cancers ou autres maladies graves, voire incurables … etc.

Certains dentistes sont formés aux causes psychologiques des soucis de dentition. Selon eux, chaque dent a sa symbolique propre : il n’est donc pas toujours anodin de contracter une carie ici ou là. Les dents dévitalisées peuvent dire des choses, tout comme celles qui sont fendues. Pour ma part, l’une de mes dents de devant est fêlée, bien que je n’aie jamais subi de choc pouvant l’expliquer. J’ai remarqué que cette dent me faisait toujours souffrir quand je pensais à ma mère et à notre relation. Je suis donc tombée des nues le jour où mon dentiste m’a demandé si je m’entendais bien avec ma mère !

Néanmoins, il ne faut pas voir derrière chaque maladie l’expression d’un problème inconscient. Il serait mal avisé de dire à n’importe quel malade qu’il peut régler ses symptômes simplement en prenant conscience de la problématique X. Il existe des maladies – des problèmes physiques – qui ne sont que le fruit des circonstances, de la génétique, de l’environnement dans lequel on a évolué, et parfois « d’on ne sait pas trop quoi ».

Les thérapies psychocorporelles

Lorsque la médecine s’avère incompétente à nous diagnostiquer et à nous soigner, lorsqu’elle nous dit que nous n’avons rien, il est intéressant de se diriger vers la psychothérapie qui nous parle le plus, voire vers une thérapie psychocorporelle. Parmi les plus connues, la sophrologie peut faire des miracles !

Il faut oser aller à la rencontre du corps, écouter ce qu’il dit, cesser de l’envisager comme une simple machine qui dysfonctionne. Nous pouvons le faire seul.e aussi, à travers le yoga, la méditation, la danse, le feldenkraïs … Pour ce que j’ai expérimenté. Apprendre à rebâtir cette relation d’écoute avec Soi, c’est bouleversant, violent parfois, mais toujours libérateur.

Il m’est arrivé de pleurer tout mon soûl dans une position, un exercice. Il m’est arrivé de ne pas comprendre ce que j’avais lâché, de ne pas le conscientiser du tout. Cela n’importait pas. L’important, c’est qu’en écoutant mon corps, en le laissant m’accompagner vers la douleur, j’ai libéré ce qui faisait mal. Mon corps l’a fait, je l’ai fait.

La somatisation n’est pas à voir comme une mauvaise chose. Au contraire. Elle est une chance qui nous est offerte de guérir. Saisissons-la !

Avez-vous saisi cette chance ? Avez-vous déjà somatisé, sur une courte ou une longue période ? Qu’avez-vous appris grâce à votre corps ?

Rosa

23 commentaires

  • Ornella

    Je suis une championne de la somatisation avec mes anciens troubles de l’appétit d’abord. Et puis par mimétisme, je me suis mise à faire de l’asthme en voyant ma mère avoir de la difficulté à respirer, et puis la maladie de Crohn avec le stress de la perdre. Je me défends bien ! ^^

    • Rosa Vivante

      Haha, c’est vrai !

      Ton article sur la maladie de Crohn m’avait marquée, d’ailleurs. C’était vraiment troublant et assez génial que tu trouves ça beau dans la « preuve d’amour » et d’attachement. J’ai été bluffée par tant de gratitude dans la Vie.

  • Kellya

    Encore une fois j’ai découvert plein de nouvelles informations qui nourrissent merveilleusement ma reflexion. Je ne savais pas que les dents aussi étaient reliées à des significations, et je vais passé quelques heures sur le Methode feldenkrais! J’ai bein du mal à écouter mon corps, mais j’apprends un peu plus chaque jour et je trouve cela fantastique, de pouvoir enfin réunir petit à petit mes différentes composantes. Le premier Noel sans ma maman j’ai fait une collite nefretique atroce, je savais que c’était ca, mais impossible de régler le probleme…

    • Rosa Vivante

      Alors je suis ravie que mon article serve, Kellya !

      J’étais assez stupéfaite pour les dents, moi aussi. Je savais que perdre des dents précises dans ses rêves avait un signification particulière, mais je n’avais jamais transposé ça à la « vraie » vie.

      La méthode Feldenkrais m’a rendu un gros service à l’époque. Je l’ai connue par hasard, c’est ma prof particulière de chant qui m’y a initiée. Elle voyait que j’allais très mal (et pour cause ! C’était l’époque violence conjugale) et du coup, elle m’a proposé de faire ça plutôt que de continuer d’apprendre à chanter.
      Tu fermes les yeux tout le long de la séance, et tu effectues les mouvements qu’on te dicte. Ca t’immerge tout de suite dans le corps, dans ton intériorité. Et ça te permet aussi, en cas de troubles corporels, de réapprendre à faire des gestes. De casser les mauvaises habitudes. Les gestes sont lents, et répétés : ils réapprennent au corps à faire « bien ».
      C’est vraiment fascinant, je recommande !

      Parfois, il n’y a pas besoin de régler. Le corps te signale, mais s’exprime aussi. Et comme ton corps, c’est TOI, c’est toi qui exprime et ressent ta douleur de vivre ce premier Noël sans elle. Sauf qu’au lieu de pleurer ou de dire, parce que les mots ne sont parfois pas assez précis/suffisants, tu l’as fait dans ta chair. Quelque part, c’est beau. J’espère ne pas te blesser en disant cela.

      • Kellya

        Tu ne me blesse pas du tout, ne t’inquiéte pas. Au contraire, j’aime bien ton interprétation, mon corps avait peut-etre besoin d’exprimer cette douleur jusqu’au bout. Je me suis longtemps demandé ce qui se serait passé si j’avais supplié ma maman de revenir en urgence, et puis les années passant je suis arrivée à la conclusion que ca n’aurait fait que retarder le problème, aussi merveilleuse qu’elle soit, elle ne pourra pas toujours etre là pour moi. Il a fallu couper le cordon finalement!

        • Rosa Vivante

          Hmmm, les choses se passent donc comme elles le doivent.

          Tu as une relation fusionnelle avec elle ? C’est en tout cas ce que m’évoque la façon dont tu en parles. Couper le cordon, c’est un passage assez délicat de la vie, je trouve. Pour moi, ça a duré plusieurs mois/années, et j’ai eu l’impression de sans cesse marcher sur des oeufs. Cela m’arrive encore. Mais c’est plutôt mon père qui me retient, que moi qui entretient le lien. Parfois je me dis que je devrais être plus dans la mesure. Sauf que j’en suis incapable tant qu’il n’arrive pas à mesurer lui-même ses élans !

          • Kellya

            Elle m’a élevée en grande partie seule, alors forcément, c’était très fusionnel. C’est d’ailleurs pour ca qu’elle a pris le parti de partir vivre loin quand j’ai quitté la maison, pour justement faire une coupure nette et moins douloureuse pour nous deux. Ca a été dur et il y a eu un peu d’incompréhension, mais effectivement je pense que cela nous a permi d’avoir à présent une belle relation équilibrée. On n’est toujours pas hyper douées pour se dire ce qu’on ressent, mais ca vient 🙂

  • Enirtourenef

    Comme je ne suis pas très à l’écoute de mon corps (c’est peu de le dire et, par exemple, un truc tout bête : là, tout de suite, j’ai faim et mon ventre commence à me le faire savoir, mais plutôt que d’aller tout de suite me faire à manger pour le satisfaire alors qu’en plus j’ai pas mangé depuis hier soir, je finis de dire les pages que j’ai ouvertes dans mon navigateur, alors même que je me suis promis que j’allais prendre soin de mon corps, ahem, sans commentaire) j’ai du mal à dire si c’est déjà somatisé un jour. Je pense, forcément, comme tout le monde, mais du coup, mon pauvre corps, il parle un peu dans le vide… je pense que l’aïkido m’aidera avec ça, à comprendre les limites (pas de force mais les frontières) de mon corps, et que les quelques séances que je vais faire avec mon amie future-sophrologue vont m’être d’un grand secours !

    • Rosa Vivante

      Hahahaha ! Le début de ton message, c’est moi tout craché ! J’ai une fâcheuse tendance à faire exactement pareil, genre la faim passe toujours après le reste … !
      Depuis plusieurs mois, j’ai décidé de prendre le problème à bras de corps. Ce midi par exemple, je vais avoir faim. Hors, il n’y a rien de prêt. Typiquement, habituellement j’attendrais ce soir de manger quand on aura cuisiné pour deux. Mais non, là je vais me lever et me faire à manger.

      Vive l’aïkido et la sophrologie, en ce cas ! Je crois que nous somatisons tous, mais pas forcément pour des grosses choses. A creuser, donc !

  • Cath

    C’est un sujet qui me parle beaucoup. Merci pour ton article Rosa.
    Depuis enfant, je somatise. Les conflits avec ma mère se manifestaient par des angines. J’en faisais 5 ou 6 par an parfois. Le médecin a voulu retirer mes amygdales, heureusement, ça ne s’est pas fait. Puis à l’adolescence, la somatisation de ces conflits est passée dans l’utérus : les angines ont disparu, mais j’avais des règles tellement douloureuses qu’elles me clouaient au lit, en pleurs, pendant un ou deux jours.
    De même, quand mais parents ont divorcé, j’ai eu une énorme verrue au pied, qui me faisait boiter.
    J’ai toujours eu l’intuition que c’était mon corps qui me parlait. J’ai essayé d’évoquer le sujet avec des médecins allopathiques et à chaque fois ils ne prenaient pas ça au sérieux. Tout a changé quand j’ai commencé à consulter mon médecin actuel, qui est homéopathe et énergéticienne. Elle a été la première à me dire que je n’étais pas complètement allumée, que mon corps s’exprimait, me parlait. Comme le disent plusieurs personnes plus haut, ça a changé ma vie !
    En ce moment, la somatisation touche ma voix. Dès qu’une situation ou une personne me blesse profondément, dès que je me sens niée, je perds ma voix pendant plusieurs semaines. Ma grand-mère maternelle était chanteuse, la chant avait une place très importante dans la vie de ma mère avant la guerre et dans mon enfance aussi …. J’arrive à saisir le sens de ce symptôme, mais je ne comprends pas encore très bien ce qu’il y a à guérir et comment.

    • Rosa Vivante

      Bonjour Cath, ravie de te lire !

      Ma soeur fait des angines comme ça (6 à 8 par an) pendant toujours. J’essaie de lui faire comprendre que cela dit quelque chose mais je ne peux pas faire le travail à sa place. Je vois donc bien de quoi tu parles, d’autant plus que moi aussi, je somatise dans l’utérus en ce moment (non désir d’enfant, travail familial, tout ça … !).

      Pour ta voix, la compréhension viendra. Un jour ça fera « tilt ». Que cela t’empêche de t’exprimer quand tu te sens victime d’une injustice … Intéressant à creuser !

  • La Nuit

    Je me retrouve dans les mots de Marie Kleber « Le jour où j’ai compris que mon corps me parlait ça a changé ma vie!! » on oublie souvent d’écouter ce corps que l’on connait depuis si longtemps. Mais il nous alerte, il nous protège, il nous parle. Mais c’est parfois difficile de comprendre ce qu’il veut dire ! Il faut vraiment être à son écoute!

    • Rosa Vivante

      Oui, c’est difficile !

      Parfois on ne comprend rien. On comprend juste la douleur, la gêne et ça rend fou.
      Mais on est toujours sur le chemin de la compréhension et de la guérison. Parfois on s’égare. Un jour, on comprend.

  • Fabienne

    Très bel article encore une fois et je suis convaincue de ce que tu dis. La question de la somatisation en cas de maladie (cancer par exemple dans mon cas, mais c’est du passé, enfin j’espère) est délicate, mais je crois que c’est un facteur qu’on ne peut exclure, ne serait-ce que parce qu’un organisme fragilisé saura moins se défendre, et je sais que c’était mon cas. Je crois aussi que ce n’est pas seulement lorsqu’on n’arrive pas à « mettre des mots sur les maux » qu’on risque de somatiser : par exemple je très gênée depuis plusieurs années par des douleurs intestinales récurrentes (et même une candidose avérée alors que je ne présentais pas les facteurs de risque que sont entre autres « antibiotiques et/ou beaucoup de sucre »), pourtant je connais des facteurs de stress et de déséquilibre dans ma vie (mais ne suis pas en mesure d’y remédier pour l’instant, ceci explique peut-être cela !) ; fragilité héritée de ma mère ? je me souviens très bien que, lors d’une discussion (pas une dispute !), si je disais quelque chose qui ne lui plaisait pas elle me disait aussitôt : « arrête, ça y est j’ai mal au ventre et il gonfle ». Vaste sujet !

    • Rosa Vivante

      Merci Fabienne !

      Heureuse de te lire.

      C’est difficile de penser qu’on a pu se causer un cancer. Je pense que parfois ce n’est pas aussi évident. Mais que, comme tu le dis, on a été fragilisé à un instant T. et que du coup une maladie réussit à s’installer : cancer ou autre chose … Ce serait vache de dire que tous les malades le sont de leur fait. Et surtout, ce serait FAUX.

      Pour ma part, je ne serai pas étonnée si, à un endroit précis de mon corps, on me diagnostiquait un jour ce genre de maladie. Pour le coup, je saurais que ça ne vient que de moi.

      Tu touches un point très juste, en tout cas qui résonne beaucoup en moi au niveau de l’hérédité ! J’ai aussi des problèmes intestinaux. J’ai failli tomber de ma chaise quand j’ai lu dans son dossier médicale que le premier symptôme de Rosa (mon arrière arrière arrière grand-mère qui me « parle » aujourd’hui) était de cet ordre. J’ai clairement ressenti la résonance. C’était … Un moment très étrange. Vaste sujet ! Passionnant !

  • Alice & Shiva

    J’ai mis de très longs mois à soigner un mal « à cause » de la somatisation. Oh pourtant je savais tout ce que tu dis ici. Mais cela a été une lutte longue et silencieuse avec mon corps, il a fallu accepter, travailler, lui parler, l’aider, le chérir. Tu décris avec des mots précis et justes ce phénomène, si complexe à appréhender au début, et si simple pourtant que cela en est déroutant…
    (et au fait, tu peux m’appeler Alice 🙂 )

    • Rosa Vivante

      D’accord, Alice :).

      Je connais cette lutte, ce travail long. Pour ma part, cela prend racine dans mon utérus et mon non-désir d’enfant. Pour tout dire, je ne serai pas étonnée qu’on m’annonce un jour un cancer à cet endroit, une endo ou un truc du genre. Bien sûr, je ne me le souhaite pas ! Mais si ça arrive, je saurai que ça ne vient que de moi … J’essaie de travailler dessus, avant d’en arriver là mais franchement, pour ce « problème » précis, c’est pas évident.

  • Emeline

    Superbe article que je vais partagé avec plaisir 🙂 Mon corps je l’ai découvert grâce a la Gestalt. Et en même temps je me suis découverte. Car oui c’est fou comme il parle là ou on ne met pas de mots. Merci Roza pour ce beau rappel. 🙂

  • Marie Kléber

    Le jour où j’ai compris que mon corps me parlait ça a changé ma vie!!
    Rien que ça, oui…
    Çà a commencé par des maux dont personne ne trouvait l’origine. Chez moi c’est souvent lié au ventre / aux ovaires. Par le passé ça a été les genoux, la voix et l’année dernière c’était beaucoup de problèmes gynécologiques – pile poil l’année où je prenais conscience de ma place de femme, reprenais contact avec ma sexualité.
    Je suis beaucoup plus à l’écoute de mon corps qu’avant et plus sensible à ses messages aussi.
    Je dis toujours qu’il est mon meilleur guide et pour cause.
    Merci pour ce bel article encore une fois Rosa.
    Et bonnes vacances à toi!

    • Rosa Vivante

      Merci Marie, les vacances étaient agréables !

      J’ai pas mal de maux de ventre aussi. Je sais que ça, ça veut dire « stress ». Quand je reprends le travail par exemple ! Avant une réunion, ce genre de choses. Ce qui me fait dire que je ne suis pas d’une nature aussi sereine que ça … Je ne me sens pas stressée dans ma tête mais mon corps me dit que ce n’est pas si évident !

      Les organes sexuels et génitaux me troublent aussi. En relation avec ma trouille d’être mère. J’avoue ne pas y faire grand-chose, je ne sais pas comment m’y prendre, pour le coup.
      Mais c’est intéressant que ce se soit manifesté chez toi cette année-là. Je trouve presque ça beau, cette communication. Tu sembles l’avoir écoutée !

  • Rhiannon

    La somatisation je connais bien et mon homme aussi !

    Chez lui ça se traduit par des douleurs musculaires intenses qui n’ont aucune origine médicale, et par des crises de paralysie du sommeil la nuit. Crises et douleurs qui disparaissent quand il est en vacances, et reviennent après.

    Chez moi c’est plus insidieux car c’est surtout une amplification de mes douleurs classiques. J’ai juste appris à faire la différence entre douleurs issues de mon mal-êtres et douleurs « normales » de la maladie. Et ça se traduit aussi par une énorme fatigue que rien ne parvient à résorber…

    Le corps est tellement bien fait parfois.

    • Rosa Vivante

      C’est impressionnant pour ton homme ! Ca doit vraiment lui pourrir la vie. J’espère qu’il pourra régler ça, voire changer de travail si c’est la solution.

      Oui le corps est bien fait, et peut nous mener la vie dure si on s’entête à ne pas vraiment l’écouter ni faire le lien … !

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