Au quotidien

Nouvelle année, nouveau départ

2018 s’est terminée avec beaucoup d’empressement. Je n’ai pas eu le temps de comprendre ce qui m’arrivait. Un décès, un voyage de courte durée en famille, un chaton à la maison, beaucoup de travail et le grand marathon de Noël à préparer.

Des préparatifs éreintants

Cette année, c’est nous qui avons accueilli. Nous nous sommes retrouvés à 10 dans la maison pour trois jours. Cela m’a valu deux semaines de préparatifs intensifs, et seule. Mon amoureux éreinté par un job épuisant et aliénant.

J’ai tenu bon. J’avais trop envie que ça se passe bien. Je voulais offrir un Noël d’exception à ma famille. Différent aussi. Libéré. Je crois que j’ai réussi.

La veille, je devais aller au travail pour 10h. J’y suis allée. Des collègues devaient m’y rejoindre. J’ai attendu, attendu, attendu. Personne. Alors j’ai décidé de partir. J’ai pris l’autoroute pour que la suite de mon planning rentre dans ma journée. Et j’ai croisé mes collègues sur l’autre voie. J’ai fulminé. J’étais si fatiguée !

J’ai essayé de les rejoindre, et puis je me suis trompée de sortie. Condamnée à faire 40 kilomètres sur l’autoroute pour rien, à en revenir, à perdre une heure, j’ai hurlé.

J’ai hurlé dans ma peugeot 107. Je n’avais jamais hurlé. Hurlé à pleins poumons. Ma voix qui ne se protégeait plus jaillissait, violente, en détresse, déraillée, suppliante. Je pleurais. Je tapais mon volant. Je suppliais. Je hurlais « Je ne veux pas être ici, je vous en supplie, sortez-moi de là ! Sortez-moi de là, sortez-moi de là … »

Je ne sais pas d’où c’est venu. Je ne comprends toujours pas ce que ça veux dire. Je hurlais que c’était trop pour moi, que je voulais juste être seule chez moi, que je ferai n’importe quoi pour être seule chez moi. Alors je suis rentrée, et je n’ai plus bougé.

Sans doute que j’ai atteint ma limite cette fois. Ma limite dans l’effort, dans l’absence de solitude et de repos nécessaires à mon équilibre.

J’avais mal aux genoux. J’ai eu terriblement mal aux genoux ces trois jours où toute ma famille était chez moi. Comme si je portais quelque chose, comme si je refusais de plier sous son poids. Mais quoi ? Je ne sais pas, je ne sais rien. J’avais si mal, si mal, je ne comprenais pas.

Puis les trois jours sont passés. Ma famille est partie. J’ai ramené ma soeur, la dernière, à la gare. Et lorsque le train est parti, j’ai éclaté en sanglots. C’était si violent ! Si violent de se retrouver seule, au calme, avec des semaines d’une telle intensité. C’était si violent que j’en étais désemparée. Là encore, je ne savais pas pourquoi je pleurais, mais je pleurais. Je me vidais. Voilà, c’était fini, tout ça, tout était fini.

Je n’ai pas compris la pression que je me suis mise : pour que la maison soit nickelle, qu’il y ait assez à manger (et des bonnes choses !), que la déco soit impeccable, que les moindres détails soient en ordre. Mission impossible, je le savais d’avance et pourtant … J’ai vidé nos comptes en banque, je me suis sentie comme l’immonde consommatrice idiote qui dépense, dépense, dépense dans l’orgie de Noël. Mon comportement ne collait pas à mes valeurs, je me sentais dissociée mais incapable de faire autrement.

Des présents, de la nostalgie

Malgré tout, ce Noël a été génial. On a tellement ri, tellement donné, tellement reçu. J’ai été trop gâtée. Une sono avec micro pour chanter, une wonderbox, un week-end dans une bulle au milieu de la nature pour admirer les étoiles, une écharpe, un bonnet, un livre, des graines de plantes médicinales, un magnifique cadeau que mon amoureux a fabriqué lui-même …

Mais le cadeau qui m’a le plus touchée, c’est une photo. Une photographie A4, floue, sur laquelle on distingue trois petites filles jouer avec des feuilles mortes au beau milieu d’un champ d’abricotiers en automne.

Rendez-vous vingt-ans en arrière. J’ai 6 ans, je joue avec ma meilleure amie et ma soeur. Ma tante et ma mère attrapent les feuilles mortes à pleins bras et les lancent en l’air. Ca tombe sur nous, tout autour de nous. C’est incroyable, toutes ces couleurs qui dansent, on s’éclate tellement !

C’est l’un des meilleurs souvenirs de ma vie et ça me déchire le coeur. En ce moment, j’apprends la nostalgie. Je ne la connaissais pas, elle me bouleverse. Je grandis, je vieillis peut-être. Et cette photo, exhumée d’un passé salvateur m’inonde. J’ai pleuré quand je l’ai reçu. J’ai dit à ma tante que c’était mon plus beau cadeau, je m’en foutais de peiner les autres, c’était la vérité.

Ma famille a laissé plein de petits mots à la craie, sur l’ardoise de notre plan de travail. Il y en a un qui dit : « Pour un père, s’asseoir à la table de son enfant, c’est comme pour un vieil homme s’allonger à l’ombre d’un chêne qu’il aurait planté. Merci. »

Je ne peux pas l’effacer. Ce mot est là. Il m’empoigne.

Les trois jours sont passés et la douleur aux genoux s’est envolée avec eux. Ma famille. C’est mon chemin pour 2019.

2019 ? Tu m’effraies autant que tu me fais envie

2019 s’annonce déjà bien. Je n’ai reçu que des éloges pour mon entretien professionnel annuel. J’ai été augmentée sans rien avoir à demander. Je vais chanter dans une église pour le mariage de mon cousin. Et pour ma mère qui fêtera ses 50 ans. J’arrête de me cacher. J’ai compris que si on me demandait de chanter, c’est parce que ça touche et que ça fait plaisir. C’est un cadeau. Aujourd’hui, j’ai assez confiance en moi pour y arriver. Alors je dis « OUI », et je donne de l’amour en chantant pour mes proches. Ils le méritent tellement ! En espérant que je ne regretterais pas toutes ces fois où j’ai dit non, parce que je me battais avec/contre moi-même.

2019 aura aussi droit à sa retraite de yoga. Un an d’écart entre les deux, jour pour jour. Six jours, cette fois, avec la même personne pour nous guider. Je ne sais pas encore pourquoi j’y vais cette fois, mais la raison se dévoilera au fil des mois, j’en suis sûre.

J’ai acheté des livres qui ne sont pas des romans. Grande première. Des livres qui parlent de Dieu et de spiritualité. J’ai soif de ça. Il y a quelque chose d’encore plus gros qui se prépare, je le sens. Ca m’effraie parfois. 2017 était intense. 2018 plus encore. Ca ne s’arrête pas de monter … Que vais-je découvrir en 2019 ? Quelle métamorphose va encore s’opérer en moi ? J’aimerais parfois qu’il y ait une pause entre chaque étape.

Ce soir, je vais faire la fête avec les amis de mon mari. Du moins, je vais essayer. Trouver la bonne position entre rester moi-même, et me « décoincer » pour qu’ils n’aient pas l’impression que je les fuis (ce qui est quand-même la vérité, il faut l’avouer).

La vie est un constant apprentissage, un constant travail sur soi. C’est quand-même incroyable. Après demain, il me faudra du temps. J’ai besoin de me remettre de toutes ces émotions. Je crois avoir vécu la palette des sentiments en moins d’un mois. C’est éreintant. Riche aussi.

Mais je veux me reconnecter.

Je vous souhaite un beau réveillon, ainsi qu’une excellente nouvelle année. De tout coeur !

Rosa

12 commentaires

  • MarieDesAlpes

    Bonjour Rosa !
    Et merci de ta confiance en me permettant de partager ton nouvel espace.
    Il m’est arrivé un peu la même chose que toi entre Noël et nouvel an, une très grosse colère qui a littéralement explosé, sans véritable raison et qui a été dévastatrice, tant pour moi que pour mon fils et mon mari. Je ne sais pas non plus ce qui se passe en moi, ça me fait un peu peur. Je fais beaucoup de choses en lien avec l’énergétique et on dirait que ça provoque entre autre,chez moi une grande nécessité de nettoyage, d’éliminer tout ce que je ne supporte plus depuis très longtemps. Difficile de voir le positif pour l’instant.
    Je suis contente que tu aies passé un bon Noël malgré la grande pression que tu t’es imposée (je suis pareille, alors que personne ne me demande d’en faire autant) et que tes proches t’aient offert des cadeaux qui te correspondent, ça montre bien combien ils t’aiment et te connaissent…
    Je te souhaite une bonne année Rosa

    • Rosa Vivante

      Merci beaucoup Marie !

      On a pas mal de choses en commun, alors, toi et moi.

      Je fais aussi pas mal de choses en ce sens, et c’est peut-être pourquoi j’ai eu cette réaction violente qui semblait ne pas DU TOUT m’appartenir. Je ne sais pas qui, quoi, a parlé à l’intérieur de moi, mais ça avait besoin de sortir. Je suis persuadée que cela a à voir avec ce « portail » que j’ouvre sur la psychogénéalogie.

      C’est vraiment positif ce nettoyage, pourtant. Sur le coup, c’est parfois très dur, on est plongé dedans, on se rend compte de tout ce qu’on porte, et du coup on « rabaisse ». Je ne trouve pas de mot adéquat pour le dire, mais on est pris dans la tempête qu’on déchaine. Je l’ai fait une fois pour me nettoyer d’une histoire, j’en ai sué (5 ans) ! Mais après quelle libération ! Je ne pourrais que t’encourager à continuer ton travail.

      Là je recommence pour nettoyer quelque chose de plus grand. Je t’avoue que cela m’effraie !

      J’espère que tu as aussi passé de belles fêtes. Je te souhaite une bonne année de nettoyage !

  • Marie Kléber

    Je découvre ton nouvel espace Rosa suite à ton passage et ton commentaire sur Instagram. Merci.
    Figure toi que je pensais à toi ce matin même en me demandant ce que tu devenais. J’avais prévu d’envoyer un mail dans la semaine!

    Quand tu écris ta colère, tes cris, le corps qui lâche, cela fait écho en moi. Il y a des moments comme ça où je ne me contrôle plus et les mots sortent, les mêmes souvent. Je ne sais pas d’où ils viennent, je les laisse être. Ca fait mal, je crie aussi, je tape dans les murs, j’appelle les anges à l’aide car je ne sais plus où j’en suis, qui je suis. C’est très déstabilisant, surtout avec un jeune enfant à la maison.
    C’est souvent le signe d’un déséquilibre en moi et du besoin de solitude, de me recentrer sur l’essentiel, de lâcher le reste. Dans ces moments là, j’aimerais partir loin, seule, me retrouver dans la nature et écouter le bruit de la mer ou du vent dans les feuilles. Mon quotidien me parait éprouvant et pourtant il n’est qu’amour. Je sais que seul ce temps me donnera d’être à nouveau sereine et me permettra de revenir à la vie avec les autres – mon fils, mon amoureux, le monde…

    Je suis heureuse de lire que ton Noel s’est bien passé, que tu as profité des tiens, reçu un cadeau qui t’a fait du bien. La nostalgie apprivoisée est aussi source de bonheur…

    Je t’embrasse et te dis à très vite.
    Merci et merveilleuse, lumineuse année 2019 à toi.

    • Rosa Vivante

      Oh, ça me touche que tu aies pensé à moi. C’est fou comme nous devenons importantes les unes pour les autres, alors même que nous n’avons pas « tant » de liens que ça. Lire les autres, c’est un acte fédérateur.

      C’est la première fois que je vivais cela, il me semble. Je crois que je n’aurais pas pu l’oublier si ça m’était déjà arrivé. C’était vraiment destabilisant, parce que je sentais que j’étais à deux doigts de me mettre en danger.
      J’étais sur l’autoroute, je roulais vite et j’étais si secouée que je ne prenais plus du tout attention à ce qui se passait autour de moi. Pire, j’avais tellement besoin d’extérioriser ce truc que je n’avais qu’une envie : foutre un grand coup de volant et détruire ma voiture.
      Je ne l’ai heureusement pas fait, mais je me suis sévèrement retenue. C’est quand-même dingue !
      A ce moment-là, j’ai vraiment senti que ma vie ne tenait qu’à un fil. Depuis, je ne peux pas m’empêcher de penser que de nombreux suicides se décident comme ça, sur un coup de tête, un moment de panique, alors qu’indépendamment de ce moment, tout va bien.

      Bref, je me suis fait peur.

      J’espère que tu as passé un beau Noël toi aussi. Merci Marie, je t’embrasse en retour. A bientôt !

    • Rosa Vivante

      Merci Nadège !

      J’ai eu l’occasion de visiter les changements que tu as apporté à ton site aussi. Je suis ravie de pouvoir mettre un visage sur ton nom :).

      Je te souhaite une superbe nouvelle année !

  • Ornella

    D’abord bonjour. Hier, j’ai reçu ta newsletter, en milieu de journée je crois. Mais le matin, j’avais pensé à toi. Je m’étais dit : il faut que je lui écrive, savoir comment elle va, comment elle vit son retrait de la toile, comment elle vit tout court. Il faut que je lui écrive parce que ça fait 10 jours que je pense à elle, que j’ai été dans un conflit cornélien : Stérilet ou Symptothermie… J’ai demandé des noms de gynécologues qui soient doux à mes amies sur Facebook, et elles m’ont très gentiment livré une demi-douzaine de praticiens de qualité. Seulement voilà. Un mal-être persistait à l’idée de me faire catapulter un morceau de métal en moi. je ne voyais pas pourquoi je devais m’infliger, et cette douleur, et ce corps étranger, et ce risque que peut-être une grossesse se passe mal et me mette en danger, car ça arrive. J’avais tes lignes sur la symptothermie qui me revenaient en mémoire chaque fois que je pensais au stérilet. Tu avais piqué ma curiosité avec cette article. Tu es la première. Je ne connaissais pas avant. Et puis j’ai supprimé mon post Facebook avec toutes les bonnes adresses de gynécos. Ça été rapide, efficace, sans anesthésie. J’avais décidé. Même si j’en avais déjà parlé à mon compagnon et qu’il n’y voyait pas d’inconvénient à utiliser une contraception naturelle, j’avais peur de sa réaction. Il faut savoir que les deux enfants qu’il a eus : le premier est issu d’un déni de grossesse, le second est issu d’une manipulation de son ex-compagne qui voulait donner une petit frère ou une petite soeur au premier. Alors que le couple était séparé.

    J’avais peur qu’il s’imagine que je veuille le verrouiller. Je vis à 700 km de lui, nous n’habitons pas encore ensemble. Et mon rythme de vie m’empêche de considérer pour le moment l’idée d’avoir un enfant. Il le sait, et ça me soulage. Je lui ai dit ma décision finale et il l’a accueillie avec beaucoup de bienveillance et sans le moindre problème. Quel soulagement. Je suis tellement soulagée. Je ne veux plus avoir à me mettre des trucs qui modifient l’acidité de mon vagin, ou qui me fasse prendre 5kg. Je ne veux pas. Peut-être que j’y retournerais par la force des choses, mais je n’en prends pas le chemin. Et je te le dois, je ne l’aurais jamais envisagé sans toi. Je voulais t’écrire pour prendre de tes nouvelles et aussi pour te dire merci.

    Et voilà que ce courrier tombe dans ma boîte. Je suis très heureuse de te découvrir dans ton nouvel univers. Quelque part, tu opères maintenant sur le même tableau que moi, et je suis contente de te savoir à mes côtés. Heureuse également pour ton merveilleux cadeau, pour ton Noël parfait. Et pour ta musique.

    Sache que je chante moi-même très souvent pour des cérémonies, mais plutôt pour des enterrements. Mon chéri est croque-mort. Et je chante pour certaines de ses familles endeuillées, c’est toujours extrêmement gratifiant. Et ça modifie l’écoulement du temps, le temps de la chanson. C’est un moment de grâce qui fait s’échapper des colombes des coeurs tristes des vivants. Je le dis parce que je le ressens. Comme toi, j’ai refusé des années de chanter sur commande. Par honte, par peur qu’on soit déçu, pour pleins de raisons. Encore aujourd’hui, si quelqu’un de ma famille me demande de chanter un morceau comme ça, je ne peux pas. Je suis gênée. Mais depuis que j’ai eu mon groupe de rock, beaucoup de choses ont changé. Je suis plus à l’aise vis-à-vis de ça.

    Je te souhaite une merveilleuse année 2019. J’espère qu’on aura le temps de se trouver dedans. Je t’embrasse bien fort. 🙂

    • Rosa Vivante

      Wouah ! Quel magnifique premier commentaire … Je ne pouvais pas rêver mieux.

      Il y a tellement à répondre.

      Je suis ravie que tu aies pu choisir comme tu voulais ta contraception et que tu te tournes vers la symptothermie. Moi ça fait 5 ans, je n’ai jamais eu aucun problème ! Il te faudra quelques mois d’apprentissage sérieux (le mieux c’est à deux ! ;)) pour bien la maîtriser et la coupler à une autre (type préservatif) le temps de te connaître bien mais tu verras, tu te sens tellement bien après !
      C’est tellement GENIAL de connaître son cycle, son corps, de faire les liens avec le reste. Franchement, c’est l’une des meilleures décisions que j’ai prise de ma vie. Je te souhaite de tout coeur que tu le vives aussi bien que moi. DE TOUT COEUR.

      Je pense souvent à toi, Ornella. Vraiment souvent. Cette rencontre qui se remet à plus tard me vient souvent à l’esprit !

      Je suis dans une grande phase de libération, et cela passe beaucoup par ma voix et ma musique. D’ailleurs, je me suis rendue compte qu’à Noël, je n’ai quasiment reçu que des cadeaux qui me permettent de m’exprimer … Les autres le sentent aussi et semblent me dire: « Vas-y ! »

      Que faut-il faire pour présenter ses services de chanteuses aux cérémonies ? Y en a-t-il d’autres autour de toi qui le font ? C’est un acte bénévole ?
      Je suis très curieuse. Et je me dis, pourquoi pas.

      Je t’embrasse, j’espère que 2019 a bien commencé pour toi et que tu y trouveras tout ce dont tu as besoin !

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