Psychogénéalogie

Qu’est-ce que la psychogénéalogie ?

Et si je vous disais que vos actes – le métier que vous avez choisi, les personnes desquelles vous tombez amoureuses, vos autres choix personnels – ne sont pas seulement dictés par vos propres envies ? Si je vous disais que les peurs que vous traînez, les blocages contre lesquels vous vous battez, les maladies que vous contractez, ne sont pas seulement issus de vos propres expériences de vie ?

Au premier abord, cette suggestion est tout aussi fascinante que déroutante. Qu’est-ce qui dicte ma conduite ? Les réponses sont vastes … Parmi elles s’inscrit la psychogénéalogie : l’idée que ce qu’ont vécu nos aïeux impacte, voire conditionne, nos existences.

La pionnière : Anne Ancelin Schützenberger

Anne, décédée en mars 2018, est l’une des premières personnes à s’être intéressée à l’impact du passé familial sur nos existences. Nous sommes dans les années 60, Anne est psychologue – spécialisée en psychologie sociale – et se forme à la psychalalyse (entre autres choses) aux côtés de Françoise Dolto.

C’est dans les années 70 que le concept de « psychogénéalogie » voit vraiment le jour. A force de recherches et d’exercices avec ses patients, Anne établit plusieurs théories sur les liens transgénérationnels ( = liens entre générations qui ne se sont pas connues), qu’on peut retrouver dans son livre « Aie, mes aïeux », sorti en 1993 (je recommande !).

Entourée d’autres spécialistes, ils établissent un protocole pour amener les patients à la guérison. Grossièrement, il consiste à recréer son arbre généalogique, effectuer des recherches sur les personnes qui le constituent. On s’aperçoit rapidement que l’arbre est truffé de « coïncidences » : des dates qui reviennent, des morts similaires, des choix identiques ou au contraire opposés. Des révélations sur lesquelles le patient n’a plus qu’à travailler … Et contre toute attente, cela fonctionne !

Les dettes à payer : secrets, conflits, traumatismes, malédictions familiales

Ne vous est-il jamais arrivé de dire ou de faire des choses qui, après coup, semblent n’avoir aucun sens pour vous ? N’avez-vous jamais été dicté.e par quelque chose de plus fort ? Parfois, cela est positif. Parfois non. Cette impulsion vous rend mal à l’aise, d’autant plus que vous vous rendez compte qu’elle (que vous !) vous sabote(z).

Ou peut-être sentez-vous que quelque chose cloche dans votre famille. Les comportements sont étranges, l’atmosphère laisse supposer qu’il y a un problème, mais impossible de mettre le doigt dessus ! Sans doute est-ce parce que les générations que vous cotoyez (parents, grands-parents) sont elles-mêmes dans l’ignorance et subissent au même titre que vous.

Vous avez peur de mourrir à 62 ans parce que depuis des générations, toutes les femmes de la lignée meurent à cet âge ? Vous êtes à peu près sûr.e que vous allez contracter un cancer, parce que c’est « héréditaire » ? Tous les aînés de fratrie finissent vieux garçons, et de fait, vous aussi ?

C’est déjà un grand pas de s’en rendre compte. Personne n’est condamné, nous pouvons changer les choses. Mais pour cela, il faut remonter à la source et accepter que ça prendra du temps …

Guérir de sa famille, ou guérir sa famille ?

Le but de la psychogénéalogie n’est pas de s’arrêter au constat : « Ok, j’ai trouvé le problème, j’ai enfin compris pourquoi je sabote ça dans ma vie. » C’est un premier stade déjà éprouvant, de comprendre qu’on a parfois perdu 10, 20, 30 ans ou plus « à cause de quelqu’un d’autre ». Souvent, c’est une recherche longue, dure. Elle remet beaucoup de choses en question, ça secoue. Il faut l’accepter et s’y préparer.

Mais que va-t-on faire de ces précieuses informations ? L’idéal serait d’arriver à en guérir – guérir de sa famille -, à défaire ces schémas qu’on répète et qui nous entravent, pour vivre enfin libre. Nous verrons qu’il y a des techniques pour y parvenir, mais que c’est avant tout une approche très personnelle. Il faut trouver ce qui fonctionne pour soi.

Le troisième stade, on peut choisir d’en endosser la responsabilité ou pas. Il s’agit non plus de guérir de sa famille, mais de guérir sa famille. Choisir d’être celui/celle qui mettra un point final à la saga familiale, qui guérira la mémoire collective passée, pour que les générations actuelles et futures n’aient plus à vivre sous la coupe des dettes. Libérer toute la lignée.

C’est un poids qui peut s’avérer lourd à porter. Il faut un certain courage pour se regarder en face, et pour regarder en face les membres de notre famille. Je pense néanmoins que souvent, ceux qui suivent ce chemin ont toujours l’impression d’y être destinés.

Personnellement, c’est mon cas. J’ai rapidement compris que mon rôle au sein de ma famille était de « soulager » : apporter de la joie, du bonheur, de la légèreté, faire différemment, casser les codes, montrer la voie de la liberté. Je faisais ça inconsciemment quand j’étais petite et adolescente. Plus j’avance et plus j’en prends conscience, c’est mon rôle. Heureusement, je ne suis pas seule !

Alors … Comment faire ?

Plusieurs choix s’offrent à nous. Mais en définitive, il n’y a qu’une chose à faire : mettre de la CONSCIENCE dans son histoire familiale.

Il est possible d’entreprendre ce travail avec un professionnel, un psychogénéalogiste qui vous guidera sur ce chemin. Un allié de taille. Cette thérapie – car il s’agit bien d’une thérapie – a un coût, dont nous ne pouvons malheureusement pas tous nous acquitter. Si vous le pouvez, allez-y !

Qu’à cela ne tienne, il est possible d’arriver au même résultat par nos propres moyens. C’est ce que j’entreprends actuellement. Je fais des recherches, je lis, j’apprends à comprendre les procédures. Et je me lance.

Il est évident que ça prendra plus de temps. Il est important de ne pas toujours être seul.e face à ce travail. Bien qu’il s’agisse beaucoup d’introspection, le regard d’un tiers sera précieux, voire indispensable pour avancer dans les périodes de « cul de sac« . Pour cela, j’ai mon compagnon : il ne fait pas partie de la famille et sera impartial. J’ai également avec moi deux membres de ma famille en recherche. Nous allons pouvoir mettre en commun notre travail et s’entraider pour démêler les noeuds. Je pense également qu’à certains moments charniers, je me ferai aider par des spécialistes.

Je vous propose de faire ce travail avec moi :

Au fil des articles, je compte vous présenter la méthode que j’utilise, afin que vous puissiez être autonome dans cette exploration. Je vous concocte un guide qui, un pas après l’autre, vous mènera aux portes de votre inconscient familial.

Je vais également vous exposer les différents concepts de la psychogénéalogie : loyautés, syndromes anniversaires, synchronies, règles de famille, fantômes, cryptes … Autant de mots qui cachent de précieux enseignements.

Enfin, je vous présenterai mes propres investigations, mon histoire familiale. Cela pourra vous donner une idée des fascinantes découvertes qu’on peut faire, et me donnera des exemples pour illustrer mes propos. Cela vous donnera également à voir l’évolution que je vais connaître et les impacts psychologiques que cette thérapie aura sur moi. Je changerai les noms et prénoms de mes aïeux, mais ne cacherai rien d’autre. Il va de soi que ce blog sera pour moi un formidable outil d’introspection, d’analyse et d’approfondissement.

La psychogénéalogie : un outil génial parmi d’autres

Pour conclure, il est important que garder à l’esprit que la psychogénéalogie n’a pas réponse à tout. Il est tentant, pour la personne qui entreprend ce travail, de finir par tout expliquer sous ce prisme. C’est une erreur : nous ne sommes pas que le fruit d’un naturalisme à la Zola. Si je crois à une certaine forme de déterminisme, il me paraît évident que nos conditions de vie ne s’arrêtent pas à ça.

Il ne s’agit pas de se dédouaner de toutes nos erreurs, tous nos manquements par ce biais. Nous trouverons des réponses grâce à la psychogénéalogie, comme nous en trouverons grâce à d’autres formes de thérapies, grâce à d’autres outils de développement personnel, quels qu’ils soient. Souvent, ce qu’on trouve sous ces différents vecteurs entre en résonance … Faisons toujours la part des choses, et apprenons à reconstituer le puzzle !

Êtes-vous prêt.e à vous immerger ? Qu’en pensez-vous ? Est-ce que ça vous parle ?

Rosa

PS : Je précise que je ne suis pas professionnelle. Ce que je propose n’a pour but que de vous donner des pistes (et restera toujours gratuit) : faites vos propres recherches et n’hésitez pas à me reprendre si j’écris des bêtises !
Si ce contenu vous plaît … Ecrivez-moi un petit mot. C’est tellement motivant d’en discuter avec d’autres passionnés ! Merci.

30 commentaires

  • Melgane

    Que l’histoire familiale puisse avoir un poids sur nous ne m’étonne pas du tout. On sait déjà que des femmes qui font des enfants jeunes (genre 16 ans) ont plus de chance de voir ces enfants devenir parents jeunes à leur tour. Et on sait déjà le poids des secrets de famille, des adoptions cachées par exemple…
    Je ne sais pas si je serais prête à faire ça. Peut-être dans un deuxième temps. Pour le moment je pense que je dois d’abord régler mes propres problèmes et faire un travail plus psychanalytique…

    • Rosa Vivante

      Merci Cath !!

      Il est vrai que dans mes recherches je trouve peu de témoignages, à part pour dire « ça m’a énormément aidé.e » ou alors des livres de personnes qui se sont spécialisées. Peu de journaux de bord … Sans doute sont-ils noyés dans la masse des internets (il doit bien y avoir des personnes l’ayant fait, je pense, mais je ne les trouve pas !).

  • Gwen

    Je n’ai jamais ressenti de préférence. Lorsque j’étais enceinte, ma plus grande peur était de ressembler à ma mère…
    Par contre j’ai fais une dépression à la naissance de mon deuxième enfant; avec le recul, je pense que l’arrivée de ma fille m’a fait revivre
    la naissance de ma soeur cadette et le rejet qui a suivit.
    J’ai pris conscience du schéma familial en allant consulter une psychologue EMDR, pour tout autre chose à la base.
    C’était comme si je voyais clair pour la première fois de ma vie.
    J’ai réalisé à quel point j’étais enfermée dans une relation toxique avec mes parents. J’ai compris alors que je devais m’éloigner d’eux, et protéger mes enfants,
    ( ma mère a rejeté ma fille et a tenté de s’approprier mon fils, elle rejoue le même scénario constamment ).
    Je me suis libérée: c’est un long cheminement, parfois douloureux, mais il en vaut la peine.

    • Rosa Vivante

      Tu me donnes de l’espoir, Gwen. Malgré les « dommages » que cela peut causer, je pense que ce travail mérite d’être fait.

      On m’a aussi conseillé l’EMDR pour tout autre chose, mais finalement je n’ai jamais sauté le pas. J’ai guéri la chose en question par le yoga. Il faudrait peut-être que je tente !

  • MarieDesAlpes

    Oh oui Rosa ça me parle beaucoup ce que tu nous racontes… Je voyais il y a quelques années une thérapeute parce que j’avais beaucoup de mal à avancer je me sentais bloquée. Pendant une consultation elle a vécu l’accident dans lequel mon grand-père paternel (que je n’ai pas connu) s’est tué en construisant sa maison, elle me disait « je perds l’équilibre, je tombe »; cette mémoire était ancrée dans mon épaule droite, elle l’a fait partir et je me suis sentie immédiatement soulagée. Ca m’a libérée de la culpabilité que je portais de ne rien arriver à faire de ma vie. J’avais peur d’avancer par peur de tomber, de perdre l’équilibre ! Une autre anecdote: ma grand-mère et mon arrière-grand-mère maternelles ont passé chacune leurs vies à être enceintes (14 enfants pour l’une, 11 pour l’autre); la mémoire de mon arrière-grand-mère était fixée dans mon ventre, me disant de ne pas faire comme elle et la conséquence est que je n’ai pas pu avoir d’enfant… J’ai cassé le schéma inconsciemment en adoptant mon fils ! Tous les frères de ma mère (4) sont morts prématurément et de mort violente sans avoir eu de descendance… Il y a dans ma famille une somme impressionnante de faits et certainement de secrets que je vais essayer de décrypter.
    Tout ne s’explique pas par la généalogie bien sûr. Je suis la seule à m’intéresser à cet aspect dans la famille, mes sœurs n’en voient pas l’intérêt. Je sais que je vais découvrir des choses difficiles, mais ce que je sens aussi, c’est que j’en ai besoin, ça fait partie de mon chemin.
    Merci Rosa de ce partage

    • Rosa Vivante

      Quel genre de thérapeute es-tu allée voir ? Ca m’intéresse grandement ! Ta culpabilité n’est plus jamais revenue ? Comment te sens-tu dans ton corps et dans ta vie, à présent ?

      C’est fou, Marie, on a la même histoire :

      Moi, c’est clairement dans les hanches que ça bloque, ça me gêne au quotidien, impossible de m’en défaire … ! Et je commence à comprendre pourquoi (j’aurais l’occasion d’expliquer ça) : c’est familial, ça concerne la fécondité des femmes de ma lignée. C’est une très grosse problématique !
      Exactement comme toi, notre lignée est quasiment éteinte … Sauf que moi, c’est aussi très ancré dans ma tête : je ne veux pas d’enfant ! Il faut que je trie ce qui m’appartient de ce qui ne m’appartient pas.

      A côté de ça, beaucoup de secrets aussi, d’évènements graves, et également de mystères (en tout, 3 enfants adoptés dont il est impossible de retrouver les racines).

      Nous sommes trois à être lancées dans cette quête chez moi. Ma soeur, qui a fait un énorme travail généalogique qui me sert de bases, et la cousine de ma mère (que je considère comme ma tante), qui fait un énorme travail énergétique. Je pense qu’à nous trois, on devrait s’en sortir …

      Je te souhaite de trouver tes réponses, et je serai ravie de pouvoir partager et cheminer avec toi.

      • Cath

        Je confirme après en avoir fait deux. Il y a deux types de psychologenealogie, par la parole et par les énergies. Les constellation travaillent sur les énergies. C’est une expérience fabuleuse et pas seulement de guérison. Cela donne accès à des émotions, des sentiments, des expériences vécues par ceux avant nous, qu’on porte en nous. On purifie les douleurs mais on apprend aussi à accéder a ce qui beau, lumineux, générateur de forces. On se rend compte que nos ancêtres nous transmettent leurs blessures mais aussi leurs trésors.

        • Rosa Vivante

          Tu as fait ta propre constellation ? Tu as été participante aux constellations des autres ?

          Je pense que les deux expériences doivent être incroyables. J’ai failli m’inscrire à un stage, mais les constellations proposées visaient des problématiques ciblées qui ne correspondaient pas à ce que je cherche de prime abord. J’espère pouvoir ne serait-ce qu’assister/participer à la constellation de quelqu’un d’autre, ce serait un premier pas déjà important dans ma compréhension.

          Bien sûr, ils nous transmettent aussi le meilleur ! On a tendance à moins en parler, c’est dommage.

          • Cath

            J’ai fait les deux Rosa et effectivement les deux expériences sont très différentes mais complémentaires. En tant que consultante, j’ai fait une séance sur ma lignée maternelle et une autre sur la lignée paternelle. Quand tu travailles sur tes propres problématiques, tu restes à l’extérieur de la constellation. Tu restes observateur, tu n’interviens jamais. Ce sont les représentants que tu choisis pour ta constellation qui font émerger les nœuds, qui travaillent les sentiments, les émotions et les énergies. C’est très bouleversant et surprenant de voir ta constellation de l’extérieur.
            Quand tu es représentant dans la constellation, ça remue beaucoup aussi. Tu es le médium par lequel s’exprime la personne/la problématique/la « chose » que tu es censée représenter. Ma thérapeute dit que personne n’est choisi au hasard. Que le rôle que l’on t’attribue fait forcément écho à tes problématiques personnelles. C’est assez incroyable comme expérience, d’observer tout ce qui se passe en toi quand tu es représentant, ce qui transite à travers ton corps. J’ai l’impression de passer à la machine à laver à chaque fois !

  • Marie Kléber

    C’est quelque chose qui me parle Rosa. Beaucoup. On dit que l’enfant qui nait vit déjà dans le ventre de sa grand-mère, pas étonnant alors que nous portions des histoires qui ne nous appartiennent pas.
    J’ai compris certaines choses ces dernières années. Je me suis toujours intéressée à l’histoire de ma famille, certaine qu’il y avait des clés pour expliquer la mienne, tout comme des schémas à déconstruire, des liens à couper.
    Je te suis avec beaucoup d’intérêt dans cette découverte.

    • Rosa Vivante

      Merci beaucoup Marie !

      Oui, il semblerait qu’in utero, on se remplisse déjà d’énormément de choses, et donc de notre histoire familiale. C’est incroyable d’y penser.

      J’ai compris une première chose, il y a quelques semaines. C’est un point de départ. Je suis très investie dans cette quête, ce qui me fait dire que c’est très important. Ce n’est pas comme les lubies que j’ai d’habitude … J’avoue avoir peur aussi, de ce que je pourrais comprendre, sur eux, sur moi.

  • Fabienne

    J’ai entendu parler de ce livre, c’est en effet un sujet passionnant, même s’il semble défier la rationalité ! Je ne pourrai plus plonger dans ma généalogie (peu de souvenirs, ce qui a sûrement un sens, et plus de famille « au-dessus » de moi) mais je suivrai avec grand intérêt ton (je me permets) cheminement. Amicalement

    • Rosa Vivante

      C’est vrai, au premier abord, tout cela n’a rien de rationnel ! Surtout quand on découvre que les causes ont eu lieu 100 ans avant notre propre naissance et qu’on ne connait pas les personnes concernées. C’est incroyable.
      C’est en partie ce qui me fascine.

      Quand tu dis que tu n’as personne « au-dessus » de toi, tu parles de décès ou d’adoption qui ferait que tu ne connais pas tes « origines » ? Ma question est peut-être un peu trop personnelle, tu n’es pas obligée d’y répondre. Mais ça dit des choses, d’autant plus si tu as peu de souvenirs.

      Merci pour ton intérêt. Et bien sûr, tu peux me tutoyer. Avec plaisir !

      • Fabienne

        Pas de souci ! Je dis : « plus personne au-dessus » car mère décédée, père « inconnu » pour l’état civil et quasi inconnu pour moi probablement décédé aussi (c’est triste que je ne puisse pas en être sûre …) et pour ainsi dire pas de famille par ailleurs ; c’est ainsi, avec l’âge (suis une « mamie » !) j’arrive à « faire avec » même si les blessures sont là. Cette question des souvenirs me taraude et me désole ; ainsi, à l’occasion de ce dernier Noël, j’ai réalisé que je n’ai AUCUN souvenir d’un Noël de mon enfance (et je ne parle pas que de la petite enfance), c’est étrange quand même …

        • Rosa Vivante

          D’accord !
          Oui, c’est étrange. Je pense que les souvenirs, même quand ils ne sont pas là, en disent beaucoup.

          Je le vois avec ma soeur. Théoriquement, nous avons eu la même enfance (les mêmes parents, les mêmes lieux de vie, la même atmosphère). Moi, j’ai adoré mon enfance, j’en ai des tonnes de souvenirs, plus vivaces les uns que les autres. Ma soeur, elle, n’en a aucun … Rien. Comme si elle avait vécu toutes ces années dans le brouillard le plus complet.

          Quand je lui raconte nos souvenirs en commun, j’ai une inconnue en face de moi. C’est vraiment troublant. Je sais qu’elle n’a pas vécu son enfance dans l’allégresse. Mais de là à n’en avoir rien retenu … C’est un énigme. J’imagine comme ça doit être étrange pour elle, et donc pour toi.

          Peut-être cela ressurgira-t-il plus tard ?

          • Fabienne

            J’espère que certains souvenirs remonteront, si seulement … ; il est incontestable que notre chemin de vie est impacté par celui de nos ancêtres. A propos de mémoire (même s’il ne s’agit a priori pas de psychogénéalogie en premier lieu), j’ai récemment lu (sur un chouette blog littéraire) une bonne critique d’un livre que je ne connaissais pas de Joyce Carol Oates (que j’aime beaucoup) : https://charlotteparlotte.com/2019/01/11/lhomme-sans-ombre-joyce-carol-oates/ ; je le lirai dès que possible ! Ps : les commentaires ici sont très intéressants, c’est un sujet à la fois douloureux et passionnant.

          • Rosa Vivante

            Je ne connais pas cette auteur, et la critique donne envie de plonger dedans ! Merci pour la suggestion, Fabienne.

            Oui, les commentaires sont riches ! Je suis à la fois étonnée et pas si surprise que ça que le sujet interroge autant et noue les conversations.

    • Rosa Vivante

      Ca l’est ! En tout cas, moi, ça me passionne ! Il faut dire que j’y croyais déjà dur comme fer avant même de savoir que ça avait été étudié. Je l’ai toujours senti très fort chez moi, dans ma famille.

      Merci tes mots !

  • Gwen

    Bonjour Rosa,

    Je suis celle qui a libéré ma lignée familiale: ma mère, qui est très toxique, a toujours prèféré
    ma sœur cadette â moi et m’a toujours rabaissé.
    Mon grand père maternel a toujours favorisé ma tante, sœur cadette de ma mère.
    Mon arrière grand mère maternelle à elle rejeté mon grand père au profit de son petit frère car
    mon grand père était un enfant d’un premier mariage ou hors mariage, je ne sais pas.
    Je ne suis pas remonté plus loin mais je serai curieuse de savoir s’il y a d’autres cas.
    Je me suis fais un point d’honneur de ne pas reproduire le schéma familial avec mes deux enfants
    malgré les tentatives de ma mère pour détruire mon équilibre.
    Je ne suis pas complètement libérée de ce poids familial cela dit mais je sais que les générations futures n’auront pas â le subir.
    Je suivrai tes recherches avec plaisir. Merci d’aborder ce sujet.

    Amicalement.

    Gwen

    • Rosa Vivante

      Bonjour Gwen,

      C’est fascinant de voir l’impact qu’un comportement aura sur nos descendants. Est-ce que t’es senti avoir cette préférence, où tu as trouvé avant d’avoir tes enfants ? Quelle réaction as-tu eu quand tu as compris d’où ça venait et ce que ça cachait ?

      En tout cas, bravo pour ton travail. Tu permets à tes enfants de ne plus souffrir de ça, tu te permets à toi-même de comprendre et d’un guérir. Tu permets tellement en décidant d’en prendre conscience !

      J’espère que ma porte de sortie sera aussi bonne que la tienne.

      Merci pour ton intérêt et ton partage !

      A bientôt.

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