Sorcière

Utiliser Internet de façon éco-responsable.

Vous l’aurez remarqué, cela fait 15 jours que je me suis complètement absentée des réseaux. En cause, une profonde réflexion sur ma consommation du net, et un total réaménagement de mes habitudes. L’utilisation d’internet a toujours été un sujet ambivalent pour moi : j’adore les possibilités qui me sont offertes sur la toile, mais je dois souvent lutter pour ne pas devenir dépendante à ce monde.

Mais ces dernières semaines, la prise de conscience est toute autre. Internet pollue notre environnement, notre mental, notre société. Et je n’aime pas ça.

Internet : vecteur social devenu obligatoire, créateur d’inégalités

Internet : vecteur d'inégalités sociales

L’accès à la connectivité est devenu un droit humain. Pour plus d’égalité sociale, les politiques territoriales travaillent à ce que toutes les zones du monde soient couvertes en haut débit. Pour qu’à terme, 7 milliards d’humains soient connectés, contre « seulement » 1.5 milliard actuellement.

Voilà un autre merveilleux objet du progrès passé d’ostentatoire à obligatoire. Dorénavant, tout est dématérialisé, toutes les démarches administratives se font sur le net. Est-ce que c’est plus pratique ? Oui, pour nous qui pouvons nous permettre de payer 30€ d’abonnement par mois, d’avoir accès à l’électricité, et d’acheter une machine. Pour tous les autres, c’est l’exclusion, la galère.

Pour les entreprises, internet est une vraie panacée. Les utilisateurs n’ont plus qu’à faire quelques clics sur un site web créé spécialement pour l’occasion. On s’en amuse, on trouve ça génial, et quelque part, ça l’est ! Mais voyons plus loin. A terme, c’est une évidence, on ne pourra plus rien avoir sans passer par internet et le « sans-contact » (quelle expression glaçante, n’est-ce pas ?). Les entreprises doivent faire du chiffre, elles ont donc tout intérêt à simplifier leurs procédures. Elles en sauvegarderont une, la plus simple : l’instantané d’internet.

Lorsque les générations « non-connectées » disparaîtront, la matérialité des démarches disparaîtra avec elle. En soi, ça n’est pas un problème, car pour l’utilisateur aussi, c’est plus facile. Plus besoin de se déplacer ni de payer un timbre-poste. On se dit qu’on ne gaspille plus de papier à tire-larigot ! Pourquoi s’en plaindre ?

Dans quelques années, les aides à la connectivité ne seront plus anecdotiques. Il y a un véritable enjeu social derrière cette simplification des démarches dont les pauvres sont encore les perdants. Faut-il être pour l’accès gratuit/à moindre coût à internet ? Oui, c’est une question d’égalité des chances. Mais cela n’est pas sans incidence.

Communiquer et influencer : comment « se faire une place » tout en respectant l’environnement ?

J’ai longtemps tergiversé sur cette question, pour finalement me rendre compte que la réponse est simple : c’est impossible. Rendons-nous à l’évidence. Pour quiconque ayant une activité (pro ou perso) et souhaitant la faire connaître, il n’y a pas de choix. Il faut communiquer. Etre présent sur les réseaux sociaux. Poster plusieurs fois par semaine, engranger des stories en veux-tu en voilà !, éditer des billets régulièrement, envoyer des newsletters et des mails transactionnels, être en « veille » sur certains sujets, se lancer en format vidéo …

Je connais, c’est mon métier. Heureusement, je le fais pour une association, sinon, je vous le jure, j’aurais lâché l’affaire. J’aime vraiment ça pourtant, mais ça me pose un gros problème d’éthique. Je communique sur des valeurs nobles, j’oeuvre à influencer le monde vers ce qui me semble être bon, pour nous, pour notre Terre. Je milite dans mon influence et ma communication pour des causes justes, sociales, environnementales.

Or, plus j’avance, plus cela me semble hypocrite. Pour pousser les gens à se soucier des autres, à se lancer dans le zéro-déchet, à manger BIO, à déconsommer … bref, à moins polluer, je pollue deux fois plus qu’eux via internet. Ca n’a pas de sens ! Cette absurdité m’a longtemps prise à la gorge. Comment régler cela ?

La folie de l’info consommable : aussitôt publiée, aussitôt périmée

L'information obsolète ?

Les flux des réseaux sociaux qui se renouvellent sans cesse, différents d’une seconde à l’autre … Les articles qui sortent par grappe de dix chaque jour, qui semblent tous plus intéressants les uns que les autres … Cette roue de l’internet et de ses contributeurs qui tourne sans cesse a fini par me donner envie de vomir.

Trop, c’est trop. L’information est omniprésente, l’injonction à se cultiver, à ouvrir son champ d’esprit, à emmagasiner toujours plus m’a bouffée. C’est d’autant plus anxiogène que l’information disparaît comme elle est apparue, qu’on l’ait avalée ou non. Quand, comme moi, on est intéressée par tout, ces disparitions sont sources de stress. L’impression d’être passée à côté de quelque chose.

Une information n’a pas le temps d’être pleinement saisie qu’elle devient aussitôt obsolète. L’information en temps réel, loin d’être primordiale, remet au goût du jour notre peur d’être à côté de la plaque. Elle nous force à cliquer – à consommer – le matin au réveil, durant la pause pipi, pendant qu’on déjeune, dans les transports en commun … Alors qu’on devrait être absorbé par une toute autre tâche. Pendant tout ce temps, on pollue. Clic, CO2, clic, CO2, clic, CO2.

Le net impalpable, ou l’impression fausse du « sans conséquence »

Je me suis rendue compte qu’internet avait un véritable impact sur l’environnement il y a seulement 6 mois, grâce à cet article du Permalab (ALLEZ LE LIRE !!!). Avant cela, j’en avais une conscience plus que modérée. J’étais loin de me douter de la réalité des faits pour la simple raison qu’internet n’est pas en plastique : on n’en retrouve pas des morceaux épars coincés dans les branches des arbres ou rejetés par l’eau sur les plages. Et pourtant …

On estime qu’il génère plus de CO2 que l’aviation à échelle mondiale. C’est vertigineux. Dites-vous bien que pour l’instant, nous ne sommes qu’1,5 milliards à être connectés. Qu’en sera-t-il lorsqu’on nous serons 3, 4, 5 milliards à y avoir accès ? Comme le rappelle Anne-So, Internet est le 3e consommateur mondial d’énergie, après la Chine et les USA.

Quelques chiffres :

=> Envoyer un mail avec une PJ, c’est comme laisser une ampoule allumée pendant une heure (chaque jour, on en envoie des milliards.)
=> Les internautes sont responsables de 50% des émissions de gaz à effet de serre produits par le net (les 50% restants, c’est le matériel : câbles, centres …)
=> Un data center consomme l’équivalent d’une ville de 300 000 habitants en terme d’électricité et ce … PAR JOUR ! Il y en a près de 9 millions dans le monde.

Consternant, n’est-ce pas ? Chaque vidéo qu’on regarde en streaming, chaque recherche qu’on effectue, chaque clic qu’on génère, chaque contenu qu’on poste … Pollue. Pour le coup, nous sommes directement responsables car nous pouvons encore nous en passer, purement et simplement.

Prioriser, et tout arrêter : consommer internet en conscience

Heureusement, il y a des alternatives, comme les moteurs de recherche qui plantent des arbres avec l’argent que nos questions génèrent. On peut utiliser internet de façon éco-responsable. Je vous renvoie pour cela au Green Geek Guide d’Anne-So : il est parfait, je n’ai rien à rajouter ! D’utilité publique, je vous conseille de le partager.

Mais rien ne remplacera jamais l’arrêt complet de nos activités sur le net. Je le sais, professionnellement, cela est devenu impossible. Soit, le guide évoqué précédemment trouvera toute son utilité pour les projets professionnels.

Qu’en est-il de notre consommation personnelle ? Là aussi la question est épineuse. On est vite exclu socialement, si on n’est pas présent sur les réseaux sociaux, si on ne se tient pas un minimum à la page. Je le sais d’expérience. C’est regrettable. Mais c’est un choix. Un choix d’importance capitale.

Dorénavant, je me sens hypocrite d’être écolo dans ma vie matérielle, si je suis un monstre de consommation dans ma vie en ligne. Maintenant que je sais, je ne pourrais plus faire machine arrière. J’espère qu’il en sera de même pour vous.

Les conséquences dans ma vie personnelle :

C’est bien simple. Depuis plusieurs semaines, ma consommation personnelle d’internet s’est réduite de 75%. Je m’interdis de m’y perdre le soir en semaine. Je privilégie les livres. Le mercredi, je m’autorise mon tour habituel des blogs que je suis, en sélectionnant mes lectures. Le week-end, je passe une heure sur les médias, et c’est tout.

Le soir, nous avons l’habitude de regarder des séries ou des films en streaming. Netflix, Youtube et les autres ne sont pas passés à l’énergie verte. Le streaming pollue énormément. Nous ne regardons une série que si nous en avons vraiment envie.

Les conséquences pour Rosa et les Vivants :

J’ai fait le point sur mes aspirations, mes projets, mes besoins. Cela a demandé une profonde réflexion, personnelle, intime. Qu’est-ce que je cherche vraiment en faisant ce que je fais ici ? J’en ai conclu que tout ce que je souhaitais acquérir et découvrir, je pouvais le trouver au travail car je fais la même chose, mais sur des sujets différents. J’arrête de vouloir mener ma barque en dehors de mon projet pro. C’est inutile.

Ainsi, je ne publierai plus un article par semaine. Les temps morts seront légions. Je ne publierai qu’après avoir nourri mon idée, pour livrer plus qu’un rabâchage étudié sur des sujets mille fois évoqués sur le net.
Je ne publierais plus du tout – JAMAIS – sur les réseaux sociaux. Mon seul canal sera cet espace. Moi qui tergiversais beaucoup sur le duel communication/emprise mentale, l’impact écologique m’aura fait trancher.
Je ne lirai plus tous vos articles. C’est déjà le cas, je l’avais déjà expliqué mais je le redis : n’en soyez pas offusquées. Je choisis mes lectures en conscience. De fait, je ne commente plus autant : seulement quand j’ai quelque chose d’intéressant à pointer.

Ca, ça me paraît digne d’une influenceuse qui (se) respecte.

Et vous, vous déconsommez internet ?

Rosa

18 commentaires

  • Kellya

    En voila un article qui me bouleverse, avec des commentaires qui ajoute encore beaucoup de grain à moudre à ma petite cervelle! Tant de mes comportements me semblent abhérants d’un coup… et finalement, on en arrive au point ou cela n’a surement aucune importance, vu qu’on va droit dans le mur de toute facon… Aprés-ca, je vais aller lire un bonquin au soleil sur la terasse, ca au moins c’est en accord avec mes principes 😉

  • Sophie

    C’est un article que je trouve très percutant et très courageux. Qui me donne envie de me bouger le cul aussi…
    Ayant des enfants, mais ayant eu la « prise de conscience » après leur naissance, il m’est très difficile d’imaginer qu’ils vont sans doute vivre des choses horribles pendant leur vie d’adultes. Si c’était aujourd’hui, je pense que je ne ferais pas d’enfant, pour les épargner de ça, cette horreur qui se prépare pour l’humanité.
    Je dérive un peu, mais je crois que la seule chose qu’on puisse faire désormais, c’est apprendre à se démerder pour être le plus résilient possible quand tout se cassera la gueule. Et l’autonomie, on en est loin…

    Bref, merci de nous faire réfléchir !

    • Rosa Vivante

      Tu sais, j’ai parfois vraiment du mal à comprendre pourquoi les gens qui savent font des enfants malgré tout. Je ne le comprends pas car je ne sais pas ce que c’est de souhaiter fonder une famille. Donc je ne juge pas, mais je dois avouer que ça reste un mystère pour moi. Ca me laisse dubitative. J’ai parfois des éclairs de compréhension, mais je retombe vite dans le « ça n’a pas de sens ». Je suis bien consciente que ce n’est que mon point de vue très subjectif. Il ne faut pas se sentir attaqué par ce que je viens de dire.

      En ce moment, je fais des recherches sur la question de la démographie, justement. Mais tout est controversé. Je ne sais plus quoi en penser. Bref, c’est un autre sujet !

      On est très loin de l’autonomie. Trèèèèèès trèèèèèès loin. Et quand j’entends dire qu’en 2035 il faudra qu’on se débrouille tout seul, ça me fait frémir. Je ne suis pas prête pour ça et même si je m’y mets maintenant, pourrais-je survivre ?
      Ca parait tellement surréaliste de penser que dans 15-20 ans le monde pourrait être complètement différent que j’ai du mal à identifier s’il s’agit d’info ou d’intox. D’un côté, je ne peux pas y croire et d’un autre, ça me semble tellement évident ! Si c’est pas dans 15 ans, ça le sera dans 50 ou 100.

      Bref, tout ça pour dire que je comprends les gens qui n’y croient pas, à l’effondrement et au reste.

  • Anne-So

    Hello Rosie-Rosa ^^

    1 – Bravo pour ta prise de décision et ton chambardement d’habitudes ! Le monde irait tellement mieux si chacune était capable de mettre en œuvre au moins une partie de ses convictions… Merci En fait, c’est vrai que si ça se faisait du jour au lendemain, ce serait la merde – mais ça fait 40 ans que les gouvernements discutent du sujet sans rien y faire, ça n’arrivera pas en un clin d’œil (à ce sujet, le bouquin « Tout peut changer » de Naomi Klein est édifiant, je te le recommande si tu ne l’as pas lu). Si ça arrive un jour. Je pense que le changement n’arrivera pas par « en-haut » s’il doit encore arriver, mais par « en-bas », par les individues. Et il se trouve que toute la partie sociale, reconstruction de nouveaux modèles sociaux à l’échelle locale, d’entreprises régénératives, de retour aux communs, de souveraineté alimentaire etc. est un sujet de « recherche » (ou plutôt d’expérimentation de solutions) qui va bon train depuis un certain nombre d’années, notamment dans les milieux « alternatifs » et la permaculture. Et les solutions viables existent.

    3 – « Il n’y a pas de bonne solution ! » pour ce qui est de la pollution générée par nos activités, la solution, c’est d’arrêter comme tu le dis si justement en commentaire : « arrêter net l’internet, c’est juste l’arrêter donc les conséquences s’arrêtent avec. ». Le problème, c’est pas le manque de solutions en fin de compte, c’est l’absence de volonté (ou la non connaissance de leur existence, mais c’est plus rare) des unes et des autres à les appliquer…

    4 – Si seulement on pouvait être sûres que les humaines allaient disparaître et bientôt, on pourrait s’en réjouir… Celles des non-humaines qui survivraient à notre suicide collectif pourraient peut-être se faire une vie normale après ça. Sauf que rien n’est moins sûr. Et qu’on continuerait à nuire même après – les centrales nucléaires qui pèteront, nos déchets qui continueront à faire des ravages, etc.

    5 – « Par contre, c’est insupportable pour moi qu’on ne respecte pas ce qui nous entoure. C’est ça qui me rend folle : l’irrespect, l’impunité. » <3 <3 <3 (rien d'autre à dire)

    6 – Plein de bonnes ondes pour toi et ton petit monde. Et des bises, c'est important.

    • Rosa Vivante

      Merci Anne-So !

      C’est vrai qu’on pense rarement à l’après extinction de l’espèce humaine. Mais on continuera à faire des ravages même lorsque nous serons tous morts, et ce sont les autres qui en paieront le prix. Ca me met en rage !

      Oui, j’ai entendu parler de ces recherches dans les milieux alternatifs, sur lesquelles je me renseigne de plus en plus. C’est passionnant !

      Je t’embrasse, bon week-end à toi !

  • Marie Kléber

    C’est intéressant Rosa, je n’y ai jamais vraiment pensé. Internet fait tellement partie de nos vies aujourd’hui que c’est à peine si on s’intéresse à son impact. Le souci aujourd’hui c’est que tout pollue et détruit la planète.
    Si j’arrête d’envoyer des mails, je pollue en utilisant du papier, j’ai même lu récemment que le papier recyclé n’était pas si écologique que ça, au niveau de l’énergie consommée pour le produire. Du coup, je ne communique plus avec le monde…
    Comme tu le dis à la fin de ton commentaire, si on supprime les voitures, beaucoup de personnes risquent de se retrouver dans des situations désastreuses…
    On nous dit de consommer mieux mais on se rend compte qu’il y a désormais aussi des lobbys sur le bio!

    A chacun de trouver les actions qu’il peut mettre en place pour être en accord avec ses idées et ses convictions.
    Pour ma part, je tente tant que faire se peut de limiter ma consultation Internet, même si je suis certaine il y aurait encore des améliorations à apporte à ma consommation. Ton article ouvre une piste de réflexion.

    Merci!

    • Rosa Vivante

      Oui, tout pollue et détruit la planète. C’est très compliqué de « consommer mieux ». Je ne sais pas si c’est vraiment possible, en fait. Plus je regarde, plus je comprends que tout est un leurre. Et que les meilleures solutions sont celles qui ont plusieurs impacts positifs (genre comme internet, qui en a sur l’environnement, mais aussi sur ma qualité de vie et ma santé si je l’arrête). Parce que si on ne regarde qu’en terme d’impact, autant tout arrêter, ou tout continuer car dans tous les cas, nous polluons.

      Bref, je passe un peu par une phase de défaitisme.

      Nous faisons tous comme nous le pouvons. C’est déjà ça !

  • Marianne

    Ah ! ça aussi, ça résonne ! Je comprends tellement ce que tu ressens, ainsi que cette décision « extrême » qui en découle. J’ai fait un peu pareil (mais en moindre ^^) quand je me suis débranchée des RS liés à mon blog : je n’ai gardé que ce que j’avais envie/besoin de garder dans mes flux. ça m’a pris un peu de temps, ça m’a fait pas mal réfléchir, mais ça a été une réflexion assez enrichissante sur moi-même et sur ces RS.
    Arrêter complètement (ou presque) l’internet, par contre, je n’en suis pas encore capable. J’y ai pas mal d’autres activités qui y sont liées et, je l’avoue, je suis une grosse consommatrice de Netflix… Par contre, j’ai réalisé récemment que je suis moins anxieuse face à l’éventualité de l’absence d’internet. Comme on construit une maison neuve, on va devoir faire créer un nouveau branchement télécom, et comme c’est d’immenses incompétents chez Orange, on n’aura probablement pas de ligne internet à la maison avant… septembre ? Si on a énormément de chance ? Pour un emménagement déclaré au 1er avril… Quand la meuf au téléphone ma dit ça, j’ai commencé par paniquer intérieurement. Comment ça, je n’aurais pas internet pendant des mois ? Comment ça, je ne pourrais pas regarder ses séries sur Netflix en prenant mon goûter ? Puis je me suis rendu compte qu’en fait, c’est pas grave : j’ai des livres, j’ai l’écriture, j’ai un jardin (et trois tonnes de projets à base de palettes, j’aurai plus le temps de regarder la télé de toute façon !!) bref, j’ai réalisé qu’en fait cette déconnexion forcée allait être une véritable aubaine pour moi. J’ai hâte, en fait : je vais pouvoir faire plein de choses, sans cette horrible attraction de l’internet. Au pire, je serai à 300m du boulot, où j’aurai toujours internet, alors bon… ^^’
    Bref, pardon pour le 3615mavie… Tout ça pour dire qu’internet, ça a des super côtés, mais c’est aussi le pire fléau de l’une des ressources les plus rares et les plus précieuses que nous avons : le Temps. La Vie. Alors j’ai envie de te dire un énorme bravo pour cette décision que tu viens de prendre. J’espère t’imiter, un jour (si ça se trouve, comme pour les soutifs, tu m’auras donné le déclic et demain, je vais me lancer, sait-on jamais ! XD).
    Et merci pour les liens, je vais aller les consulter avec un grand intérêt.
    Des bises ! <3

    • Rosa Vivante

      Tu sais, quand on a emménagé dans notre maison, il y a deux ans maintenant, on n’a pas pu connecter la TV. Ca ne fonctionnait pas, et je n’avais pas envie de me prendre la tête avec ça. Alors j’ai dit à mon mari « Et si maintenant, on vivant sans TV ? » Il a trouvé l’idée au top et on l’a fait.
      Les premières semaines, c’était assez dur, on ressentait le manque (lui comme moi, on a toujours vécu avec une TV constamment allumée => c’est dingue, quand j’y repense). Au bout de trois semaines, c’était plié. Aujourd’hui, ça ne me viendrait pas à l’idée de zapper sur la TV, de l’allumer et je suis toujours consternée quand je retourne chez mes parents où la TV tient une place centrale.
      Mais à bien y regarder, ce qui me consterne chez eux, je le pratique aussi avec internet alors … No jugement !

      Du coup, il me faut faire la même chose avec internet. C’est moins simple, car rien ne m’en empêche. C’est un combat, une histoire de volonté.

      Comme toi, j’ai pas mal d’activités qui me viennent d’internet. Notamment chanter, avec les bandes son en streaming. Tout est dans la mesure je dirais. Et finalement, je peux trouver des alternatives pour tout. Et comme toi, j’ai un max de projets pour mon jardin (à base de palettes 😉 !) et pour la déco de ma maison qui ne cesse de se transformer. Alors dès que j’ai une rechute, je bascule sur un projet.

  • Enirtourenef

    Du coup, je vais laisser un commentaire, donc polluer (mwahaha).
    La première fois que je me suis rendue compte qu’internet, ça pollue, c’est quand j’ai lu un article qui expliquait que, plus on avait de mails dans nos boîtes, plus on faisait chauffer les serveurs et donc, plus on polluait. Donc j’ai supprimé tout pleins de mails, tous les vieux, et je continue à le faire régulièrement. Pour le reste, je ne me sens pas capable de faire comme toi. Il faut dire que je ne suis pas particulièrement écolo, en dehors du fait que je fais attention à l’eau, à l’électricité (je coupe les multiprises), et au plastique. Pour le reste… pour le reste, pour faire changer la donne, il faudrait que la France promulgue dès aujourd’hui une loi pour interdire l’usage des voitures pour les usagers. Une amie qui a suivi une journée de conférence m’a expliqué que l’on pouvait prédire la disparition à 3 ou 4 ans près de San Francisco vers 2050, et un crack boursier à peu près dans les mêmes années. Pour le reste, nous serons bientôt 9Mds sur cette planète. Mais au lieu de chercher à la sauver, on cherche à coloniser Mars. J’ai rencontré Mathieu Dumery, qui a la chaîne Professeur Feuillage (tient, une chaîne YT quand on est écolo…), et qui disait que l’on ne faisait rien parce que le problème nous paraît lointain, que l’île qui risque de disparaître en Inde, c’est loin. Mais ce n’est pas ça. C’est que l’être humain a toujours cherché à s’adapter. C’est notre nature. On n’arrange jamais les choses. Si on voulait arranger les choses, on aurait cru les scientifiques y a 30 ans. On s’adapte : on veut créer une atmosphère à la Lune pour faire pousser du blé ; on veut aller sur Mars ; les Pays-Bas mettent au point des barrages super géniaux de la mort qui tue, pour endiguer la montée des eaux. On s’adapte. Peut-être que je suis trop pessimiste mais, pour moi, c’est perdu d’avance. Notre cerveau est fait comme ça. La Nature, je pense, a fait une erreur en nous créant si intelligent : on lui a très mal rendu la politesse. Mais notre force est aussi notre faiblesse. On se perd en fuites en avant. Comme une obsolescence programmée que Mère Nature aurait mis dans notre cerveau, pour nous faire disparaître avant qu’on fasse exploser la Terre. Et pourtant je fais attention quand je tire de l’eau, j’essaye d’annihiler le plastique non indispensable (genre, quand j’aurais besoin d’une voiture pour aller travailler, une voiture en plastique c’est compliqué). Mais… on a perdu d’avance. D’autres exemples ? Allons-y. Les choses qui sont censées nous faire sauver le monde, le recyclage, les panneaux solaires, les éoliennes… ce sont des supercheries !
    Recycler certaines choses demande tellement d’énergie que c’est comme si on n’avait pas recycler. De l’aveu même de Mathieu Dumery, le carton qu’on met dans la poubelle jaune sert de combustible pour faire brûler les poubelles ménagères. Les panneaux solaires polluent quand on les produit. Ils se rentabilisent en terme de CO2 en 20 ans. Pas de chance, 20 ans, c’est leur durée de vie : opération blanche. Les batteries des voitures électriques ? On sait pas quoi en foutre. Inutile, hypocrite, stupide. On continue ? Allons-y. Mathieu Dumery nous a parlé biodiversité, quand il est venu voir notre promo. Comme quoi y avait tellement peu d’insectes qu’on en trouvait presque plus explosés sur les pare-brise. Et c’est vrai que, quand j’étais à Annonay, ville relativement rurale, je n’ai vu que deux mésanges dans l’année : le reste c’étaient des corbeaux et des pigeons : pas d’oiseaux. La biodiversité il faut la protéger. Oui. Mais dans ce cas on ne peut pas en même temps parler des éoliennes. Bah non, parce que les éoliennes perturbent les chauve-souris et les crèvent. Elles se trouvent sur le passage des oiseaux migrateurs. Les éoliennes off-shores font du bruit dans l’océan. Or, certains animaux se repèrent au son, s’intimident comme ça avant de se battre. S’ils ne s’entendent plus : ils se battent, ils s’entre-tuent. Et ne parlons même pas des pauvres baleines qui deviennent sourdes. Tout ça pour de l’électricité propre. On ne peut pas à la fois vouloir de l’électricité propre et à la fois sauver les baleines. C’est pour ça que je défends le nucléaire, dans une certaine mesure, parce qu’entre l’électricité propre et la biodiversité j’ai choisi la biodiversité (que par ailleurs on détruit en déforestant, etc.).
    Tout ça pour dire que rien de ce que l’on peut faire ne va servir à quoi que ce soit… j’ai tellement à dire que je pourrais en faire un article haha 😛 En gros, je pense que c’est perdu d’avance. On est programmé. Et je reste terriblement admirative de certaines espèces. Les crocodiles. Les crocodiles, qui ont survécu à l’ère glacière grâce à leurs oeufs (quand il fait plus froid, le sexe des bébé est plus souvent féminin !), vont aussi surmonter la montée des eaux. Parce qu’ils ont des glandes qui filtrent le sel, et donc rendra indolore l’incursion de la mer dans le lit des fleuves. Ils sont géniaux. Mais, à côté, on met en danger d’autres de ces espèces qui ont survécu à 4 ou 5 extinctions massives, comme les lunules, parce que ça va tellement vite que ces trésors d’évolution ne peuvent pas suivre le mouvement. Nous avons perdu d’avance. Nous allons tous crever, parce que nous sommes programmés pour ça. Et qu’on ne pourra pas gagner contre l’obsolescence qu’a programmé notre chère Nature… (on dirait un gourou de la fin du monde xD)

    • Rosa Vivante

      Hahaha ! Tu m’as bien fait rire avec le début de ton commentaire.

      Et bien tu sais, dans les grandes lignes, je suis complètement d’accord avec toi. D’ailleurs j’ai laissé ce commentaire à une autre blogueuse qui parlait d’éco-anxiété (Alice et Shiva) :

      « l’extinction de l’humanité, pour moi, ce n’est absolument pas grave. C’est même plutôt la suite logique des choses : on apparaît et on disparaît. C’est le cycle de la vie. Il faut dire que j’ai un rapport assez hors-norme avec le « table-rase ». Mais ce serait trop long à expliquer.
      Le fait de penser que je mourrais peut-être à cause de l’effondrement ne me dérange pas. Je suis là pour le vivre, si c’est ainsi que les choses se passent.

      Ca ne veut pas dire que je ne suis pas inquiète pour les générations futures. Cela m’attriste profondément d’imaginer la vie pendant l’effondrement, toutes les horreurs qui pourraient se passer et que je vivrais peut-être. Ca m’effraie cette potentielle future peine, bien sûr. Et ça me met aussi en colère, car nous sommes la cause de notre propre perte et que nous causons énormément de mal autour de nous. Mais je ne ressens pas ça au point d’être éco-anxieuse.

      J’ai une confiance absolue en le pouvoir de la nature. Cela fait que je ne m’inquiète pas.

      Malgré tout, je suis très impliquée dans cette cause. Je fais tout ce qui est en mon pouvoir, à mon échelle, pour causer le moins de torts possible. J’ai des convictions écologiques très fortes que j’applique à lettre, j’avance un geste après l’autre, et je me bats pour que cela soit appliqué à plus grande échelle.
      On ne se sauvera peut-être pas, et ce n’est pas grave. Par contre, c’est insupportable pour moi qu’on ne respecte pas ce qui nous entoure. C’est ça qui me rend folle : l’irrespect, l’impunité. »

      L’espèce humaine va disparaître, c’est pour moi une certitude et hormis les douleurs que les dernières générations (nous inclus) vont vivre, ça ne me pose pas de problème. Mais si je fais tout ça, si je suis écolo, c’est pour la biodiversité : le respect de la faune et de la flore. De la nature qui nous entoure.

      Donc tes analyses sont très intéressantes pour moi ! Effectivement, tout ce qu’on pourra faire ne servira pas à grand chose car il y a toujours des conséquences cachées à des trucs qu’on pense être parfaits comme le recyclage. Mais pour le coup, arrêter net l’internet, c’est juste l’arrêter donc les conséquences s’arrêtent avec.
      Dans ma démarche de respect, ça s’inscrit totalement.

      L’autre truc, ce sont les enjeux sociaux. Et c’est pareil pour les voitures. Si on les interdit (ce qu’il faudrait faire pour la planète), les gens comme moi se retrouveront du jour au lendemain sans travail, sans nourriture, sans accès à rien. Socialement, ça n’est pas faisable. Il n’y a pas de bonne solution !

      • Enirtourenef

        Mais arrêter net internet, c’est une goutte d’eau, étant donné que nous serons bientôt 9Mds sur cette planète : donc encore plus de gens qui vont l’utiliser. Donc en fait, ça ne peut que servir notre « ego » dans le sens où on sera en accord avec notre vision des choses, du respect, etc. (et c’est déjà beaucoup et très important !). D’ailleurs, 2Mds de personnes en plus, c’est aussi deux milliards de personnes à loger, donc avec du béton, donc avec du sable, donc causer encore plus de tord aux écosystèmes des rivières, des fleuves, et de la mer. Même si nous devenons tous végétariens pour économiser de l’eau, il reste les régions où l’eau est rare, et on en revient aux enjeux sociétaux dont tu parles : des guerres, des conflits à n’en plus finir. Peu importe comment on regarde le truc, on va tous crever, et il n’y a aucune solution. Sauf que y a des gens qui ont pas bien compris ça… On peut essayer de protéger ce qu’il reste encore, bien sûr, et c’est déjà beaucoup, c’est déjà souhaitable ! Mais ce n’est pas comme ça que les écolos présentent le truc. Souvent, ils présentent ça comme sauver le monde. Mais on ne peut pas sauver le monde. Et d’ailleurs, personne, absolument personne, n’y a intérêt. Une fois que l’Arctique aura fondu, la Norvège et la Russie qui se frottent déjà les mains et se pourlèchent les babines se jetteront sur leur repas : du pétrole, des barils et des barils et des centaines de milliers de barils de pétrole.

        • Rosa Vivante

          Je viens d’écouter une conférence de Demos Kratos (chaîne Youtube) sur le sujet, justement. En fait, tu as raison dans ton « pessimisme » et je le partage. On ne peut pas sauver le monde et c’est à peine si on peut limiter les dégâts, sauf en cas de prise de conscience majeure, genre toute l’humanité arrête d’un coup. C’est utopiste de le croire, bien sûr.

          A quoi sert-il en ce cas, d’être dans une démarche écolo, de s’empêcher de manger des animaux, d’acheter ce qui nous fait envie et de consommer internet sans se soucier de rien ?
          Tu parles d’égo, c’est pas faux. Bien sûr, c’est une question d’égo. De ressembler à la personne idéale qu’on a en tête, et d’être au plus proche de ses valeurs.
          Pour moi c’est clairement ça. Même si je sais que tout ça ne sert à rien, rien de rien, je me sentirais la dernière des merdes de ne pas le faire. De ne pas respecter. Je sais pas … De ne pas être en phase avec moi-même. Et avec le reste du monde.

          Et, j’avoue, je suis utopiste sur les bords. Je me dis que si on ne peut pas éviter ce qui va nous arriver, on peut encore le retarder et permettre aux gosses qui sont entrain de naître aujourd’hui d’au moins vivre une enfance digne de ce nom, sans crise financière majeure (apparemment, c’est loupé, la prochaine – et violente – est estimée pour 2020, au plus tard 2021), sans effondrement de la société (soins hospitaliers payants, transports en commun ralentis, chômage de 60% de la population … Ce qui s’est passé en Grèce, quoi ! Encore que ça pourrait être plus violent). Bref, retarder l’inéluctable peut sembler stupide. Mais si par mes gestes infimes, multipliés par toutes les personnes qui s’y mettent, je peux faire en sorte que tous ceux qui sont vivants aujourd’hui puissent vivre encore quelques années de bonheur et « d’insouciance » toute relative, et bien … Ce sera de gagné. Ne serait-ce qu’un jour.

          C’est vrai qu’on dit beaucoup qu’au pire, l’humanité mourra mais que la nature reprendra ses droits. J’ai tendance à le croire (j’en suis même certaine, d’une façon ou d’une autre), mais en fait c’est pas si certain. Certains scientifiques estiment qu’il ne restera que des bactéries. Dans le meilleur des cas, un noyau de 500 000 personnes peuvent y survivre. Sur les 9 milliards attendus d’ici 50 ans, ça fait du « déchet ».

          C’est quand-même dingue. Affolant. Enfin bref. Je comprends ceux qui ne font pas d’effort parce que c’est perdu d’avance. C’est un biais de pensée pas plus con que le mien. Mais je ne peux m’empêcher de le trouver un peu réducteur et égoïste.

          • Enirtourenef

            Sur le cas d’internet, c’est surtout que je ne me sens pas capable de le faire à l’heure actuelle. Surtout considérant que je suis en Master InfoCom. Peut-être que ça changera !

            Mais même s’il ne reste que des bactéries : les bactéries font partie de la nature !!! Et l’origine de la Vie se sont des bactéries. S’il ne reste que des bactéries c’est bien que la Nature reprend ses droits : elle recommence tout depuis le début !

          • Rosa Vivante

            Bien sûr ! Et je ne te juge pas pour ça. Moi, avec mon travail, je suis sur internet toute la sainte journée. Il n’y a que dans ma sphère privée que je peux faire quelque chose. Mais je resterai quand-même à polluer sur le net la majorité du temps

            Les bactéries sont la nature, la vie. Bien sûr.Elle recommence tout depuis le début, et selon comme on voit les choses, ça peut être pour le mieux.

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